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Les sociétés technos courtisent les bonzes de Wall Street

4 août 2015 | La rédaction | Commenter

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Pour pourvoir leurs postes de haute direction, les entreprises technologiques de la Silicon Valley se tournent de plus en plus vers Wall Street, dont les institutions financières ont été mises à mal par la crise de 2008, rapporte Le Monde.

La plateforme de location de logement entre particuliers Airbnb est une de ces entreprises qui n’a pas hésité à traverser le pays pour recruter son nouveau directeur financier, Laurence Tosi, qui occupait jusque-là les mêmes fonctions au fonds d’investissement Blackstone. « Son expertise va aider Airbnb à atteindre le prochain palier », assure Brian Chesky, son fondateur et patron.

En mai dernier, c’est Google qui a confié son poste de directeur financier à Ruth Porate, considérée comme la « femme la plus puissante de Wall Street », qui cumulait 28 ans de carrière chez Morgan Stanley.

L’an passé, Snapchat a embauché Imran Khan en tant que responsable stratégique. À Credit Suisse, il avait notamment supervisé l’entrée en Bourse d’Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne. Des sociétés telles que Twitter, Facebook, Square et Dropbox ont également recruté des grands noms de la finance new-yorkaise pour combler leurs postes de directeurs financiers.

DES NOMINATIONS RASSURANTES 

Ces nominations permettent aux entreprises technos d’asseoir leur crédibilité, mais surtout de rassurer leurs investisseurs, parfois inquiets de la logique d’affaires non traditionnelle de la Silicon Valley.

C’était le cas de Google, dont les dépenses jugées excessives freinaient la croissance de l’action. « Le prédécesseur de Mme Porat considérait Wall Street comme un dérangement nécessaire », souligne Mark Mahaney, analyste à RBC Capital. Ruth Porate est au contraire respectée dans le secteur financier et apporte de la crédibilité au discours de Google.

Les premières déclarations publiques de Mme Porat, à l’occasion de la publication des résultats financiers le 17 juillet dernier, avaient ainsi conforté les investisseurs. La responsable avait plaidé pour une « gouvernance plus stricte » et une « priorisation des investissements ».

Twitter avait connu une situation semblable l’année dernière alors que son action avait chuté de plus de 30 % en six mois. La société avait alors décidé de changer de directeur financier, car ses dirigeants ne parvenaient plus à convaincre les investisseurs du bien-fondé de leur stratégie. L’effet positif sur le cours boursier du recrutement de Anthony Noto, ancien banquier de Goldman Sachs, n’aura cependant duré que quelques mois.

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