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Épargne

Lien$ familiaux – Si être parent m’était compté

3 janvier 2014 | Jean-François Venne | Commenter

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La famille québécoise en chiffres

  • – 47,4 % des familles n’avaient qu’un seul enfant en 2006;
  • – En 2007, le revenu moyen après impôt des familles biparentales est proche de 74 000 $ lorsque le plus jeune enfant a entre 0 et 24 ans, et de 65 500 $ lorsqu’il a entre 0 et 4 ans;
  • – Le revenu moyen après impôt des mères seules d’un enfant de 0 à 4 ans est d’environ 31 500 $ et d’un peu plus de 40 000 $ par la suite;
  • – Les couples avec enfants consacrent une plus grande part de leur revenu aux impôts personnels (23,4 %) que la moyenne québécoise de l’ensemble des ménages (20,2 %), à l’assurance individuelle et aux cotisations de retraite (7,1 % contre 6,3 % pour la moyenne québécoise).
  • Source : Famille Québec. Un portrait statistique des familles, édition 2011.
  • – Environ 63 %des naissances de 2011 sont survenues en dehors des liens du mariage (le Québec arrive donc 2e au monde derrière l’Islande).
  • Source : Source : ministère de la Famille et des Aînés.

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Impact sur la retraite

Même lorsque la situation est « normale », c’est-à-dire que les deux parents soutiennent financièrement leurs enfants, cela fait peser un poids important sur le couple, lequel peut éprouver des difficultés à épargner pour la retraite. Cela est d’autant plus vrai que les couples ont des enfants de plus en plus tardivement. Selon le ministère de la Famille du Québec, l’âge moyen des mères se situe à près de 30 ans depuis 2006. Cela signifie que dans bien des cas, ils auront des enfants à charge jusque dans la cinquantaine ou plus. Cela laisse bien peu de temps pour prévoir la retraite.

Josée Jeffrey, fiscaliste et planificatrice financière à Focus Retraite et Fiscalité inc., admet rencontrer parfois des couples incapables de prendre leur retraite parce qu’ils soutiennent financièrement des enfants encore aux études. Pour elle, le problème majeur est un manque de planification à long terme – et une mauvaise utilisation de certains avantages fiscaux.

Elle fait remarquer que très souvent, les parents qui ont des enfants sur le tard ont d’abord privilégié leur carrière. Ils ont en général des moyens financiers plus élevés que la moyenne, il n’y a donc pas de raison qu’ils se retrouvent coincés au moment de la retraite. Josée Jeffrey croit que certains gestes pourraient aider ce type de famille. D’abord, payer l’hypothèque rapidement, surtout si on achète un domicile avant d’avoir des enfants.

Il faut aussi tirer parti du Régime enregistré d’épargne-études (REEE), sous-utilisé au Québec (à peine un quart des étudiants québécois compte sur un REEE, selon BMO¹). « On peut cotiser un maximum de 2 500 $ par enfant par année. Ça se planifie très bien dans un budget : c’est 48 $ par semaine », lance la planificatrice financière. Si l’enfant ne poursuit pas d’études postsecondaires, on peut transférer jusqu’à 50 000 $ des REEE dans un REER (à condition d’avoir des cotisations inutilisées). Elle ajoute que ce type de placement devrait toujours être automatisé. « Sinon, on manque de discipline et on ne le fait pas, ou on place moins d’argent que prévu », précise-t-elle.

Elle croit aussi que la fiscalité est souvent mal comprise, alors qu’elle pourrait constituer un avantage pour plusieurs familles. Elle donne l’exemple des garderies à 7 $. Pour elle, ces garderies ne valent pas toujours la peine. « Les frais de garde permettent de réduire le revenu imposable, et sont aussi utilisés dans le calcul de la prestation fiscale aux enfants, dit-elle. Parfois, on épargne plus en fin de compte en payant 30 ou 35 $ de frais de garde par semaine. Et comme la prestation est versée mensuellement, les frais de garde élevés cessent rapidement d’être un problème. » Trop de parents ignorent aussi qu’ils peuvent réclamer la déduction pour frais de scolarité de leurs enfants, même quand ceux-ci habitent à l’extérieur du foyer, s’ils se chargent des frais de scolarité. De même pour les frais de transport pour les jeunes de moins de 19 ans.

Mais pour les parents comme pour les autres, la recette magique ne change pas. « Il faut commencer tôt à accumuler », rappelle Josée Jeffrey. Et c’est au conseiller qu’incombe bien souvent la tâche de trouver pour son client les meilleurs moyens d’y arriver!

1. Selon une étude publiée par BMO Groupe financier le 5 septembre 2013.

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