A A A
Accréditation

L’incorporation des conseillers sous la loupe du ministre

21 janvier 2016 | Christine Bouthillier | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Talents-gestion-loupe_425Interpelé mardi par notre blogueur Gino Savard, le ministre provincial des Finances Carlos Leitao analysera la possibilité de permettre aux représentants en épargne collective de s’incorporer.

« Nous sommes maintenant en consultations prébudgétaires. Nous analysons tous les mémoires reçus dans ce cadre », précise Yann Nachabé, attaché de presse du ministre, en entrevue avec Conseiller.

Il ajoute que le ministre n’a pas eu de demande au sujet de l’incorporation des conseillers depuis longtemps.

« Ce n’était pas sous notre loupe, mais ça le sera si c’est remis à l’ordre du jour », indique-t-il.

Il mentionne par ailleurs que des actions devraient être prises dès cette année à la suite de la révision de la loi 188, sans vouloir s’avancer sur la nature de ce qui sera déposé.

L’APCSF EN APPUI

« J’espère qu’avec la réforme de la loi, le ministre va nous écouter », souhaite pour sa part Flavio Vani, président de l’Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF).

Pour l’instant, il dit avoir l’impression que l’incorporation des conseillers n’est pas une priorité pour le gouvernement libéral.

« C’est une question de droit et d’équité, ce n’est même pas une question d’argent. On donne ce droit à d’autres salariés comme les médecins, mais pas à nous! » s’insurge M. Vani.

Il déplore le casse-tête administratif que lui cause cette interdiction. Détenant un permis en assurance, il s’est incorporé. Quand vient le temps de traiter de valeurs mobilières, il n’a pas le droit de se servir de cette corporation. Il fait donc deux rapports d’impôt… pour la même personne.

Au final, Flavio Vani estime qu’il pourrait économiser de 3000 à 4000 $ en frais comptables chaque année s’il avait la permission de s’incorporer.

L’AVENIR DE L’INDUSTRIE EN JEU

Dans sa lettre, Gino Savard dit craindre pour l’avenir du secteur du placement collectif, le chiffre d’affaires des courtiers allant en diminuant. Un argument repris par M. Vani :

« À long terme, il y aura de moins en moins d’épargne, moins d’entreprises offriront des services financiers et il ne va rester que de gros oligopoles. Les services vont coûter plus cher, prévient-il. J’ai l’impression que le gouvernement ne regarde que les grandes institutions, elles parlent plus fort que nous. »

De son côté, l’Autorité des marchés financiers a préféré ne pas émettre de commentaire quant à l’incorporation des conseillers.

La rédaction vous recommande :

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques