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L’industrie du service financier en deuil

14 juillet 2015 | Pierre-Alexandre Maltais | Commenter

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Membre influent de l’industrie, Denis Savard, le fondateur de MICA Cabinets de services financiers, s’est éteint à l’âge de 68 ans après un long combat contre le cancer jeudi dernier, à Lac Saint-Joseph près de Québec.

« En 45 ans de carrière, il aura changé la vie d’une multitude de conseillers chez MICA et a été un bâtisseur de l’industrie des services financiers au Québec, notamment par sa vision de la profession comme service essentiel à la société. Il a aussi contribué à lui donner ses lettres de noblesse en accordant un souci particulier à la formation et à la compétence de centaines de conseillers financiers québécois », a indiqué la firme par voie de communiqué.

Rappelons qu’il a été président de l’ancêtre de la CSF, l’Association des intermédiaires en assurance de personnes du Québec (AIAPQ), en plus d’être lobbyiste en chef pour l’industrie lors du combat contre le décloisonnement de la distribution de produits financiers. Il y a obtenu une de ses grandes victoires avec l’adoption de la loi 188, en 1998.

L’actuel président de MICA, Gino-Sébastian Savard, avait pris la relève de son père en 2008. Son autre fils, Martin Savard, agit à titre de vice-président exécutif du groupe.

L’INDUSTRIE LUI LÈVE SON CHAPEAU

Les réactions au décès de Denis Savard n’ont pas tardé à surgir. Et les commentaires sont unanimes : l’industrie du service financier perd un de ses piliers.

« Je ne perds pas qu’un partenaire, mais aussi un ami », lance Guy Couture, vice-président régional, ventes assurances individuelles à Manuvie. « On en a fait du chemin ensemble, lui en tant que distributeur de nos produits, et moi en tant que représentant depuis qu’il a fondé MICA en 1986. Dès le départ, il voyait sa firme dans les grandes ligues. C’était un homme actif et énergique, qui ne comptait pas ses heures au service de sa profession », se rappelle M. Couture.

« On a tous découvert son côté combatif durant les tractations entourant la loi 188. Il continuait à diriger sa firme, tout en mettant un nombre d’heures incalculable au service des conseillers à travers son rôle au sein de l’AIAPQ », ajoute-t-il.

La présidente de la Chambre de la sécurité financière ne tarit pas d’éloges à propos de l’influence de Denis Savard sur l’industrie. « Il était inspirant et a fait énormément pour la profession. C’est une des personnes qui m’ont donné le goût de travailler dans le domaine », a confié Marie Elaine Farley, elle qui a côtoyé M. Savard lors des 15 dernières années.

UN TRAVAILLEUR ACHARNÉ

Même son de cloche du côté d’un de ses compétiteurs, alors que Gilles Cloutier, président fondateur de Groupe Cloutier, parle de Denis Savard comme d’un des « fondateurs du courtage au Québec ».

« Il a effectué un travail colossal pour faire reconnaître la profession », dit M. Cloutier, qui a côtoyé le fondateur de MICA au fil des ans, lui qui est dans le domaine depuis 48 ans.

La vice-présidente régionale pour l’est du Canada à Transamerica Solange Blais qualifie elle aussi Denis Savard de « bâtisseur ».

« Il a fait énormément pour notre industrie, pour le sort économique de la profession. Il n’a jamais eu peur d’affirmer ses idées et faisait bouger les choses, mais toujours avec doigté », se remémore-t-elle.

Il a aussi su insuffler sa passion aux conseillers qui ont eu la chance de le côtoyer, selon Mme Blais.

« En bon homme d’affaires, il travaillait bien sûr avec sa tête, mais aussi avec son cœur. Il était près de ses conseillers », dit-elle.

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