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L’investisseur, pire ennemi du rendement?

19 juillet 2012 | Commenter

Selon la plus récente étude de Dalbar, un rendement de seulement 3,3 % pour les fonds d’action, et de 3 % pour les fonds d’obligations a été enregistré sur 20 ans. Ces résultats sont inférieurs de plus de 4 %, par année, par rapport aux indices de marché. Qu’est-ce qui explique cet écart?

En moyenne, depuis 20 ans, les investisseurs conservent leurs fonds d’action pendant 3,3 ans et leurs fonds d’obligations durant trois ans. Le manque de patience face aux faibles rendements engendre des réactions précipitées de la part des investisseurs. On se souvient des fortes baisses boursières de 2002 et 2008, ponctuées par des rachats massifs plus importants que durant les autres périodes de perturbations.

Souvent, l’émotion guide les investisseurs vers de mauvaises décisions durant les baisses des marchés boursiers. La peur de perdre davantage, et l’envie de « stopper l’hémorragie » poussent des investisseurs à prendre hâtivement de mauvaises décisions. En effet, seulement 33 % des investisseurs en 2002, et 42 % en 2008, ont opté pour des choix judicieux¹.

Dans un marché boursier haussier, le processus de prise de décisions est plus rationnel et réfléchi. Cette attitude procure une meilleure performance et une note oscillant entre 60 % et 90 %.

Depuis 20 ans, le rendement des investisseurs boursiers a été de seulement 3,5 %, c’est-à-dire 4,3 % de moins que le S&P 500. Ce qui est surprenant, c’est que ces investisseurs n’ont réalisé que 0,9 % de rendement pour les fonds d’obligations comparativement à 6,5 % pour l’indice obligataire².

Cette étude de Dalbar porte sur les détenteurs américains, mais elle fait échos à bien d’autres qui, de façon similaire, présentent un écart appréciable du côté des investisseurs canadiens.

Est-ce la faute des fonds communs, de l’investisseur ou des deux?

Selon le Globefund, au 31 mai 2012, le rendement de la moyenne des fonds canadiens (Focus) a été de 7,3 % par rapport à 8,7 % pour la Bourse de Toronto. La sous-performance des fonds d’action canadiens peut donc expliquer un écart de performance pour les détenteurs de fonds commun. Cet écart est plus prononcé pour les fonds d’action américains en comparaison à l’indice S&P500. La moyenne des gestionnaires obtient un rendement inférieur aux indices.

La sous-performance des gestionnaires explique une partie de l’écart. Mais l’investisseur est, lui-même, responsable de l’autre partie.

La moyenne de rendement des fonds d’obligations canadiens a été de 8,2 % depuis 20 ans. Je suppose que, si l’écart de sous-performance des détenteurs américains est similaire à celui des fonds d’obligations canadiens, ces investisseurs n’ont possiblement obtenu que 3 % par année depuis 20 ans. En pleine période d’euphorie obligataire, ce résultat est médiocre.

La neuroéconomie peut expliquer cette mauvaise performance
Il y a différentes raisons qui expliqueraient les mauvaises décisions de l’investisseur. Le manque de patience est un déclencheur à ne pas négliger. En neuroéconomie, il a été démontré que l’expérience récente influence les prises de décisions, en tentant de nous faire oublier les bonnes expériences à long terme. Même si votre rendement a été de 15 % par année pendant cinq ans, et de 0 % les cinq années suivantes, le cerveau va nous convaincre d’accorder toute l’importance à notre perception des cinq dernières années.

Si l’investisseur boursier a connu une mauvaise expérience, en matière de rendement depuis six mois, un an, ou même cinq ans, il y a de fortes chances qu’il soit si découragé et qu’il tente de vendre les actions au profit des fonds d’obligations, si l’expérience récente est bonne pour le marché obligataire.

Depuis cinq ans, les fonds d’obligations canadiens ont réalisé 9,4 % par année, comparativement à 3 % pour les fonds d’action canadiens. Il faut s’armer de courage et de patience pour acheter des fonds d’action.

Stratégie contraire à adopter à long terme
L’investisseur aurait intérêt à acheter en fonction des sous-évaluations des catégories d’actifs, car la valeur réelle des actifs revient toujours à son point d’équilibre, à long terme.

Des petites hausses de taux, à long terme, suffiraient pour que le marché obligataire recule, probablement au profit de la caétgorie des actions qui est sous-évaluée à l’échelle mondiale d’environ 15 % et plus en matière de ratio cour/bénéfice.

1. page 7 de l’étude de Dalbar

2. page 10 de l’étude Dalbar

 

William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie chaque deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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