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IQPF: un congrès sous le signe de la finance comportementale

10 juin 2015 | Hélène Roulot-Ganzmann | Commenter

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Il y a plusieurs mois, l’Institut québécois de planification financière (IQPF) a mis sur pied une commission chargée de réfléchir au concept de finance comportementale, priorité numéro un de sa présidente, Nathalie Bachand. Il en sera largement question demain et vendredi à Rimouski, durant le congrès de l’organisme.

Parmi les trois formateurs du seul atelier qui y sera donné, une psychologue, Mme Josée Blondin, viendra sensibiliser les congressistes au processus de décision des investisseurs.

« Elle va nous expliquer quelles sont les motivations qui amènent tel ou tel client à prendre telle ou telle décision, aussi mauvaise soit-elle, précise Sylvain B. Tremblay, vice-président de l’IQPF et par ailleurs responsable de la commission sur la finance comportementale. Un plan qui ne tient pas compte de la réalité du consommateur ne peut tenir la route. Mais en même temps, la planification financière, ça doit faire mal. Lorsqu’un client vient nous voir, c’est qu’il considère que son comportement ne produit pas les résultats qu’il escompte. Si on lui suggère un plan qui n’implique pas de changements de sa part, il n’y a aucune raison que les résultats soient meilleurs. Mais comment l’amener à modifier son comportement, si on ne s’assure pas de bien le comprendre? »

Et pour le comprendre, il faut connaitre certains profils types, poser les bonnes questions, être à l’écoute des réponses et des gestes qui peuvent trahir. Mieux, il faut accepter de n’être pas uniquement dans une relation transactionnelle, mais bien d’abord dans une relation humaine.

Un Québec multiculturel

« Le comportement face à l’argent est personnel, mais aussi culturel, ajoute M. Tremblay. Par exemple, il est inutile de proposer à un musulman des titres en portefeuille qui génèrent de l’intérêt. Sa religion le proscrit. C’est le genre de choses qu’il vaut mieux savoir si on veut établir une relation de confiance avec son client. Notre société est de plus en plus multiculturelle. Nous ne pourrons plus, à l’avenir, faire l’impasse sur la finance comportementale. »

Certains planificateurs financiers ont déjà pris l’habitude d’adapter leur approche selon les particularités de chaque client. Mais c’est loin d’être la majorité, selon le vice-président de l’IQPF.

« Beaucoup appliquent encore simplement ce que leur dit leur institution financière, sans faire appel à leur jugement. »

La présence de Mme Blondin à Rimouski est donc une première étape pour sensibiliser les planificateurs financiers aux enjeux que représente la finance comportementale dans leur pratique. Le congrès sera aussi l’occasion d’une nouvelle rencontre entre les membres de la commission chargée de plancher sur la question. L’objectif : sortir de cette réunion avec une définition précise du concept.

Bientôt une formation

Sylvain B. Tremblay

« Il faut commencer par se mettre d’accord sur ce qu’on entend par finance comportementale, explique M. Tremblay. Traditionnellement, en économie, il s’agit de tous les principes qui expliquent le comportement irrationnel des marchés. Mais aujourd’hui, on utilise aussi cette expression pour parler de psychologie appliquée au comportement de l’investisseur. Il faut donc définir le concept de façon plus précise pour bien l’enseigner. »

L’Institut souhaite en effet proposer à ses membres une formation sur la finance comportementale, le plus rapidement possible. Reste à faire l’inventaire de tout ce qui devra figurer dans un tel programme.

« Nous ne savons pas encore quelle forme pourrait prendre cette formation, confie Sylvain B. Tremblay. Ni qui serait susceptible de pouvoir la livrer. Un planificateur financier ? Un autre professionnel ? Nous en sommes encore à nous poser toutes ces questions. Quoi qu’il en soit, nous pensons qu’à l’IQPF, nous sommes les mieux placés pour dispenser ce type de cours. »

Pour plus d’information : Sylvain B. Tremblay : 514-288-7545 #614

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