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Littératie financière
Le besoin est pressant

2 mai 2014 | Bruno Geoffroy | Commenter

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« Aujourd’hui, la littératie financière est une compétence essentielle pour évoluer dans nos sociétés », a résumé Jane Rooney, première chef du développement de la littératie financière au Canada, lors de la 5e journée éducation financière organisée le 30 avril par l’Autorité des marchés financiers.

Une priorité nationale, mise de l’avant par l’ex-ministre des Finances du Canada Jim Flaherty et son Groupe de travail sur la littératie financière, dont Mme Rooney va devoir coordonner les efforts sur le terrain à l’échelle du pays. Des efforts en matière d’éducation financière que l’on imagine considérables à écouter les intervenants de la journée

Une nécessité

« Les Canadiens savent-ils compter? », lance à l’assemblée Jean-Marie De Koninck, conférencier invité et professeur au département de mathématiques et de statistique de l’Université Laval. La réponse est sans appel : 55 % des adultes canadiens ont un niveau de connaissance insuffisant par rapport aux exigences de la vie quotidienne (résultats 2011 du Groupe de travail sur la littératie financière).

Certes, « les Canadiens ont un niveau de littératie financière qui se situe entre celui des États-Unis et de l’Europe », dit Pierre-Carl Michaud, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Mais ce n’est pas suffisant. Les réponses à cinq questions de base posées à 1500 répondants québécois au sondage en ligne de l’Autorité des marchés financiers en témoignent.

À l’une d’elles : « Si les taux d’intérêt augmentent, que devrait-il normalement arriver aux prix des obligations de placement? », moins d’un Québécois sur cinq a répondu qu’ils baissent (17 %). Autre question : « Imaginez que le taux d’intérêt de votre compte d’épargne est de 1 % par année et que l’inflation est de 2 % par année. Après un an, est-ce que votre pouvoir d’achat sera plus grand qu’aujourd’hui, exactement le même ou moins grand qu’aujourd’hui? » Au total, 70 % des personnes y ont répondu correctement (moins grand qu’aujourd’hui), mais à peine la moitié des 18-34 ans l’ont fait (46 %).

Un déficit de littératie que les jeunes générations — les autres aussi d’ailleurs — devront combler en acquérant de solides connaissances financières. « C’est essentiel, car ils auront moins accès que leurs parents à des régimes de retraite à prestations déterminées et devront décider de leurs investissements pour planifier leur retraite », explique Pierre-Carl Michaud.

Et mieux vaut commencer tôt. « Dès le primaire, selon la recommandation du “rapport Flaherty” », rappelle Jean-Marie De Koninck, avant d’ajouter que cela passe par l’amélioration des compétences de base en lecture et en calcul. À ce jeu-là, « l’effet parent est indéniable. Faire aimer les mathématiques à ses enfants, les encourager augmente de 40 % leurs compétences dans le domaine de la numératie ».

Accroître le niveau de littératie financière, c’est aussi « simplifier les concepts pour redonner confiance à ceux qui ont la phobie des nombres, les accrocher avec ce qu’ils connaissent et les amener petit à petit à s’y intéresser. Une affaire de temps et de répétition qui mène à la responsabilisation, à l’autonomisation (“empowerment” en anglais) », croit M. De Koninck.

À lire : Comportements financiers des Québécois : légère amélioration

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