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L’OCDE revoit à la baisse ses prévisions sur l’économie du Canada

3 juin 2016 | La Presse Canadienne | Commenter

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Fleche_baisse_425L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se montre de plus en plus pessimiste au sujet de l’économie mondiale et de celle du Canada. Elle avertit que le « piège de la faible croissance » se poursuivra si les gouvernements ne changent pas d’approche vis-à-vis des dépenses et du commerce.

Dans l’ensemble, l’OCDE prédit une croissance mondiale de 3,0 % cette année et de 3,3 % l’an prochain. Ces deux prévisions sont inférieures de 0,3 point de pourcentage à celles émises en novembre dernier.

La croissance du produit intérieur brut du Canada devrait s’établir à 1,7 % cette année et à 2,2 % en 2017, calcule l’OCDE, qui misait en novembre sur une croissance de 2,0 % pour 2016 et de 2,3 % en 2017 pour le pays.

L’organisation a noté que le secteur des ressources naturelles du Canada s’était contracté, mais juge que ce déclin va ralentir. L’activité dans les autres secteurs de l’économie devrait « prendre de l’élan », a-t-elle estimé mercredi.

Elle constate que les investissements des entreprises du secteur du pétrole et du gaz naturel continuent de diminuer de façon marquée, et affirme qu’ils devraient être inférieurs, cette année, de 60 % par rapport à ceux de 2014.

Statistique Canada a indiqué mardi que le produit intérieur brut avait avancé de 2,4 % au premier trimestre, en rythme annuel, ce qui était inférieur aux attentes de 2,9 % des économistes.

CE QUI NOUS ATTEND

La performance de l’économie au deuxième trimestre devrait être moindre, notamment en raison des feux de forêt du mois de mai qui ont ravagé la région de Fort McMurray, en Alberta, et forcé l’interruption temporaire d’une grande partie des activités pétrolières qui s’y déroulent.

La Banque du Canada a indiqué la semaine dernière que son évaluation préliminaire de la situation montrait que les incendies retrancheraient 1,25 point de pourcentage à la croissance du PIB réel au deuxième trimestre.

Dans son rapport sur la politique monétaire du mois d’avril, la banque centrale avait dit s’attendre à une croissance annuelle de 1,0 % pour l’économie au deuxième trimestre, ce qui permet de déduire qu’elle mise maintenant probablement sur une contraction de l’économie.

AU NIVEAU MONDIAL

Parmi les risques évoqués mercredi par l’OCDE au sujet de l’économie mondiale se trouvait notamment le potentiel divorce des Britanniques avec l’Union européenne.

L’OCDE a répété qu’un vote en faveur du départ du Royaume-Uni lors du référendum prévu plus tard en juin « déprimerait de façon substantielle la croissance en Europe et ailleurs ».

Mais par-dessus tout, l’OCDE craint que les risques de faible croissance ne deviennent chroniques.

« Ce piège de faible croissance met en scène un cycle où les attentes diminuées deviennent des prédictions qui se réalisent automatiquement », a prévenu le secrétaire général de l’organisation, Angel Gurria.

D’après l’OCDE, les entreprises sont trop prudentes pour investir et préfèrent limiter l’innovation et la productivité. En conséquence, les ménages se montrent de plus en plus pessimistes quant au marché de l’emploi et à l’avenir. Les plus faibles dépenses des consommateurs qui s’ensuivent alimentent ensuite le pessimisme des entreprises, ce qui complète le cercle vicieux.

Même si l’économie américaine s’est améliorée ces dernières années, la prochaine grande économie, celle de la Chine, connaît un ralentissement. Et puisque la Chine est un important consommateur de produits bruts et d’énergie, ainsi qu’un énorme exportateur et un consommateur de plus en plus important, les craintes à son endroit déteignent sur celles entourant l’économie mondiale.

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