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L’optimisation fiscale, une forme de corruption?

9 octobre 2015 | La rédaction | Commenter

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Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, estime que les techniques des grandes sociétés et des ultra riches pour échapper à l’impôt s’apparentent à « une forme de corruption », rapporte l’Agence France-Presse.

« Dans un nombre trop élevé de pays, les riches évitent de s’acquitter de leur juste part d’impôts. Certaines entreprises ont recours à des stratégies élaborées pour ne pas payer des impôts dans les pays où elles mènent leurs activités, ce qui constitue une forme de corruption préjudiciable aux pauvres », a-t-il déclaré la semaine dernière dans un discours prononcé à Washington.

INTRODUIRE UNE TAXATION PLUS ÉQUITABLE

Le dirigeant a jugé qu’une taxation plus équitable permettrait de faire entrer dans les caisses des États pauvres des montants largement supérieurs à ceux reçus au titre de l’aide au développement. Selon un récent rapport de l’Organisation des nations unies, ce type de pratiques fait perdre chaque année quelque 100 milliards de dollars de recettes aux pays du Sud.

Dans son discours, Jim Yong Kim a également qualifié de « démarche simpliste » le fait de penser que la croissance économique puisse à elle seule faire reculer les inégalités.

« Nous réfutons la théorie des retombées qui veut que toute croissance, quelle qu’elle soit, ait un effet de percolation et fortifie la base au point où tout commence à prospérer, même pour les pauvres, a-t-il soutenu. Nous devons trouver un modèle de croissance économique solidaire qui aide les pauvres à s’en sortir, au lieu d’assurer le maintien de ceux qui sont au sommet de la pyramide. »

Rappelons que la Banque mondiale s’est fixé comme objectif d’éradiquer l’extrême pauvreté d’ici à 2030 et d’accroître les revenus des 40 % de la population moins favorisée afin de réduire les inégalités.

UN PLAN DE L’OCDE CONTRE L’ÉVASION FISCALE

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a par ailleurs indiqué hier avoir obtenu un large consensus sur son plan de lutte contre « l’optimisation fiscale agressive » des grands groupes, ces « pratique consistant à user d’artifices comptables pour délocaliser les profits dans des paradis fiscaux où ils n’ont aucune activité », annonce Le Monde.

Fruit de deux années de tractations diplomatiques, ce plan intitulé BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) a été conçu comme « une boîte à outils anti-abus » et impliquera au total quelque 62 pays, précise le quotidien.

Il sera officiellement adopté par les ministres des Finances des pays membres du G20 à Lima (Pérou) le 9 octobre.

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