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Louis Morisset parle enfin – 4e partie

25 mai 2015 | Yves Bonneau | Commenter

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C : L’industrie des fonds communs de placement a fait le ménage; les concours de vente, les formations dans les pays tropicaux, il n’y en a plus. Par contre, dans l’assurance, il y en a toujours. L’AMF a mené des consultations sur ce sujet, il y a 7-8 ans, mais ça a été tabletté. Est-ce que vous comptez agir dans ce dossier, ou vous préférez attendre que l’industrie se police elle-même?

LM : Bien candidement, j’ignorais la consultation faite il y a 7, 8 ans, ce n’est pas quelque chose que j’ai regardé de près depuis que je suis en poste et au moment où on se parle, ce n’est pas une chose sur laquelle on planche activement.

« Bien candidement, j’ignorais la consultation faite il y a 7‑8 ans. »


Il faut présumer aussi de la bonne foi des intervenants. Ce que vous me décrivez là, on peut d’entrée de jeu se dire que c’est épouvantable. Dans la mesure où il y a une problématique qui se développe, qui existe, il faudra éventuellement s’y attarder, mais encore une fois, au moment où on se parle, je présume de la bonne foi des intervenants.

L’encadrement réglementaire qui vise l’industrie des fonds communs de placement et l’industrie de l’assurance sont distincts, et c’est assurément un élément pour lequel j’ai des préoccupations et je souhaite, au cours des prochaines années ou prochains mois, qu’on aille au bout de ces questions-là. En tant que régulateur intégré, on est capable de regarder ces environnements d’encadrement des deux côtés, ce qui n’est pas le cas en Ontario ou dans d’autres provinces.

C : Donc, ça vous donne une position privilégiée de ce point de vue-là?

LM : Ça nous donne une position privilégiée et c’est un des éléments du plan stratégique du CCRRA, le Conseil canadien des responsables en réglementation d’assurances, dont s’occupe Patrick Déry. C’est quelque chose qu’on veut regarder au plan national. Moi, au Québec, c’est sûr que j’ai les deux mains dedans, je suis capable de voir et de pousser la réflexion sur les deux fronts. Le MRCC 2, par exemple, va amener des différences entre la distribution des fonds distincts et des fonds communs.

Ce sont des choses pour lesquelles on devra aller au bout de la réflexion, parce que je pense que ce sont des produits d’investissement qui ont des similarités. Il faut comprendre les deux produits, la façon dont ils sont distribués, les enjeux, aussi, relativement aux manufacturiers, les réalités de ces deux industries-là, et il faut arriver à des conclusions. Oui, il y a des différences, qui mériteront de continuer à exister et je suis déterminé à répondre à ces questions-là dans les prochaines années.

C : Pensez-vous que l’AMF est aujourd’hui mieux connue des consommateurs?

LM : Oui, on fait des sondages annuels à bien des égards, concernant la perception du grand public notamment ou la perception de nos assujettis. C’est toujours difficile parce qu’en général, nos assujettis nous apprécient moins, surtout si on les poursuit!

En 2009, notre taux d’estime du public était assez faible, de l’ordre de 30-35 %, selon mes souvenirs. En 2014, nous étions à plus de 60 %. Donc, on a une notoriété qui a été considérablement augmentée au cours des dernières années. Et pourquoi? À mon avis, parce que l’Autorité pose des gestes qui sont remarqués. Pour arriver à éveiller la population, on a mis des efforts importants sur l’éducation. Et je pense que cela a porté ses fruits.

Il faut dire que le mandat qu’on nous a confié sur les contrats publics a aussi accru le taux de notoriété de l’Autorité. On nous a peut-être davantage vus sous cet angle-là. Pour moi, c’est un mandat bien assimilé, mais c’est à l’écart de notre rôle premier. Donc, oui, on a agi de manière à consolider notre position dans la population québécoise.

Propos recueillis par Yves Bonneau

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