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M. Savard, unissons nos efforts!

11 janvier 2016 | Mario Grégoire, collaboration spéciale | Commenter

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Mario Grégoire

Mario Grégoire

J’ai lu avec attention le billet de M. Gino Savard, président de MICA Cabinets services financiers, publié le 4 janvier dernier sur Conseiller.ca.

Une chose importante m’a frappé en lisant ce texte. M. Savard y procède à l’exégèse des maux qui affligent les petits cabinets indépendants de services financiers depuis les années 1980. Avec raison, il met notamment au banc des accusés « la complexité des règlements et la pression financière» que subissent ces cabinets depuis trop longtemps. Gino Savard nous explique que cette situation engendre une concentration de l’industrie, ce qui nuirait aux intérêts des professionnels en services financiers.

À mon avis, il y a là un parallèle intéressant à faire.

Pensons simplement au mémoire déposé par le Mouvement Desjardins dans le cadre de la révision de la loi 188, qui dénonçait également la lourdeur et la pression financière générées par le système d’encadrement de l’industrie financière.

Si on lit trop rapidement, on pourrait conclure à tort que l’argumentaire de Gino Savard implique que petits cabinets et grandes institutions financières constituent deux sphères de notre industrie qui sont obligatoirement antagonistes.

Pourtant, la réalité du terrain est toute autre. M. Savard, Desjardins et bien d’autres disent la même chose : la facture réglementaire de notre industrie est trop salée.

Il a raison de dire qu’il est grand temps d’organiser un mouvement de « résistance » en faveur de la liberté professionnelle des conseillers. Mais comment fait-on?

LA FORCE ASSOCIATIVE

Le Conseil des professionnels en services financiers a réfléchi à la question et a lancé, en septembre dernier, le Cercle de l’intégrité financière. Un organe ad hoc qui vise à regrouper les agents généraux les plus importants du Québec et les conseillers qui travaillent en institution financière, qu’ils exercent au Québec ou ailleurs au Canada.

Pour le Conseil, le plus important est de fédérer le plus rapidement possible une majorité écrasante de professionnels en services financiers.

Pourquoi?

D’abord, parce qu’il y aura révision de la loi 188 en 2016.

Ensuite, parce qu’une association avec une base de membres très large sera un vecteur d’uniformisation de la pratique des conseillers. Autrement dit, le tout sera plus grand que la somme des parties.

Qu’est-ce que j’entends par uniformisation de la pratique?

Prenons l’exemple des gestes que le Conseil a posés depuis son lancement. Sur le plan de l’assurance responsabilité, nous avons concocté un programme unique taillé sur les besoins spécifiques des conseillers de notre industrie. Jusque-là, rien de franchement révolutionnaire, en apparence du moins. Après tout, bien des agents généraux offrent eux aussi à leurs conseillers des produits d’assurance responsabilité similaires…

Pas tout à fait.

Le programme que le Conseil a développé est un programme associatif. La nuance est fondamentale. J’en prends pour preuve le programme Unité 10, que le Conseil a aussi concocté. Il faut savoir que lorsqu’un membre du Conseil suit Unité 10, il améliore de facto ses processus d’affaires sur le plan de la conformité. Or, étant donné qu’il a suivi cette formation, l’assureur du Conseil considérera que le conseiller en question représente un risque moindre au chapitre de sa responsabilité professionnelle.

Le CDPSF est ainsi en mesure de livrer au conseiller une économie de 5 à 20 % sur les primes payées, comparativement au conseiller n’ayant pas suivi la formation Unité 10.

À PROPOS DE LIBERTÉ PROFESSIONNELLE

Le billet de Gino Savard souligne un autre enjeu très important : le maintien de la liberté professionnelle des conseillers.

La solution ici est d’après moi, encore une fois, l’uniformisation dans un cadre associatif.

En fait, si cette liberté professionnelle est menacée aujourd’hui, elle est pourtant clairement établie dans le code de déontologie que les professionnels en services financiers doivent suivre : l’intérêt du client et, donc, l’indépendance du jugement du conseiller, doivent primer en toutes circonstances. Cela est limpide à mes yeux et, pourtant, le message passe encore difficilement.

Pourquoi?

Parce que notre discours n’est pas suffisamment uniformisé. Ainsi, nécessairement, nous avons moins d’impact dans la livraison du message.

M. Savard, si le Conseil des professionnels en services financiers comptait aujourd’hui 32 000 membres, je vous parie que la situation que vous décrivez serait toute autre. Je vous propose de changer tout cela. Si vous souhaitez régler les problèmes que vous soulevez avec la plus grande efficacité possible, je vous tends la main. Venez-vous servir massivement des outils associatifs que nous mettons à votre disposition.

Mario Grégoire est directeur général et président du conseil d’administration du Conseil des professionnels en services financiers.

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