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Économie

Marchés émergents : les perspectives à six mois

13 mars 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Un récent rapport de recherche d’Unigestion présente les perspectives à six mois pour certains marchés émergents.

Les analystes de la firme spécialisée dans la gestion d’actifs basée sur les risques y présentent ce qu’ils estiment être les menaces potentielles les plus importantes pour les marchés boursiers dans ces régions pour la première moitié de l’année 2014.

« La dynamique macro-économique de certains pays pourrait susciter des réactions du marché », mettent-ils en garde. D’où l’importance pour les investisseurs d’ajuster leur portefeuille pour mieux contrôler l’exposition au risque, spécialement en cas de forte volatilité des marchés.

Les faits saillants du rapport :

√ L’ampleur du ralentissement de l’économie chinoise pourrait être plus sérieux que prévu.

√ Les pays ayant un déficit commercial important sont particulièrement vulnérables à la potentielle augmentation du taux d’intérêt aux États-Unis et cela risque de ralentir le rythme de leur croissance intérieure. C’est le cas de l’Indonésie et du Brésil, par exemple.

√ Des élections se dérouleront bientôt dans plusieurs pays émergents, ce qui rendra certains marchés « hautement imprévisibles ». C’est notamment le cas de l’Ukraine, de la Turquie et de la Thaïlande.

Inquiétude par rapport à la Chine

Il y a pas mal d’inquiétude du côté de la Chine, note Alexei Jourovski, responsable de l’équipe Actions à Unigestion et coauteur du rapport de recherche. En effet, les investisseurs ont des craintes liées à l’endettement du pays, « spécialement dans le secteur des entreprises, qui a enregistré une forte croissance au cours des cinq dernières années ». Autre phénomène très important : les signes d’instabilité du marché du crédit.

Cela dit, précise le spécialiste, « comme la Chine a une économie planifiée, le gouvernement central va chercher à stabiliser le système afin d’éviter autant que possible des défauts de paiement dans le secteur corporatif ».

Malgré les risques identifiés dans le rapport, tout n’est cependant pas négatif pour les investisseurs, « puisque les bouleversements du marché vont aussi créer des opportunités », souligne Unigestion.

À surveiller au cours des prochains mois en Chine, d’après Alexei Jourovski : les chiffres macro-économiques (croissance), les chiffres de crédit (taux de défaut), les prêts à risque dans le secteur bancaire ainsi que la volatilité créée par la Réserve fédérale aux États-Unis.

Des marchés « incontournables »

« Le plus important est d’éviter les pays trop fragiles en raison d’une balance des paiements déficitaire et ceux à fort risque politique », conclut Alexei Jourovski.

Les marchés émergents représentent aujourd’hui 13 % de la capitalisation boursière mondiale (contre 1 % il y a 30 ans), et un tiers du produit intérieur brut mondial, selon le Crédit suisse. Et ils sont « devenus incontournables pour les investisseurs ».

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