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Mes vœux pour 2015

26 janvier 2015 | Commenter

Bonne année à tous! En 2015, j’aimerais que le conseiller financier soit l’arboriculteur de l’arbre financier de chacun de ses clients.

L’analogie de l’arbre me semble très appropriée. En effet, lorsqu’un individu devient autonome, il commence à produire un revenu de travail. C’est à ce moment qu’il plante son arbre financier et qu’il doit en prendre soin pour profiter d’une vie pleine et bénéficier d’une retraite méritée et en santé.

Toutefois, force est de constater que cela n’arrive pas à tout le monde. Plusieurs personnes ne maîtrisent pas leurs émotions et se montrent impulsives lorsque vient le temps de gérer leurs finances. Elles ne savent pas faire la distinction entre besoin et désir. Résultat, notre société se retrouve toujours plus endettée et avec moins de ressources.

Actuellement, le conseiller financier n’a qu’une vision partielle et sporadique de l’arbre financier de son client (je fais référence ici aux multiples disciplines et permis existants pour décrire celui qui travaille dans l’industrie des services financiers). Le milieu est composé d’individus avec des formations variées. Vous y trouvez bien entendu d’excellents professionnels qui ont à cœur l’intérêt des clients. Par contre, certains vendent le remède avant d’avoir découvert le besoin.

Par exemple, nous sommes tous au courant de l’existence de produits d’assurance vie et invalidité rattachés à des cartes de crédit. Ou encore de celle des ventes d’assurance crédit dans les magasins de biens durables. Même chose pour la vente automatique des avenants d’assurance vie et mutilation dans les polices d’assurance automobile ou pour les produits d’assurance vie distribués par des représentants sans permis,  comme les sociétés de secours mutuels. On pourrait ajouter l’assurance hypothécaire (vie et invalidité), vendue dans les succursales bancaires ou sur référence d’un courtier hypothécaire, mais aussi l’investissement fait par des clients dans les fonds communs de placement vendus directement par le gestionnaire sans les représentants dûment licenciés. Tous ces intermédiaires gagnent des revenus ou des commissions sur les produits financiers, mais ils n’ont pas les responsabilités attenantes[1].

De plus, la distribution des produits financiers encourage la rémunération par la vente à fort volume, comme s’il s’agissait de produits de consommation. Cela décourage l’approche globale qu’un conseiller financier devrait mettre en œuvre.

La situation repensée et améliorée

La raison pour laquelle on doit créer un ordre professionnel devrait reposer sur l’uniformisation de la formation et des compétences des représentants et elle devrait aller au-delà d’un parcours de choix personnel de cours, comme c’est le cas présentement. Elle devrait être établie en fonction d’un besoin national, pour favoriser le succès financier des individus. Trop d’efforts  sont perdus dans la mise en œuvre des politiques financières et sociales des gouvernements. Ces politiques ont des objectifs trop macro-économiques, tandis que leur succès est mitigé et trop aléatoire pour que tous les contribuables puissent en profiter pleinement.

Pour les deux paliers de gouvernements, il est notamment question d’améliorer le niveau de littératie financière des contribuables. On devrait peut-être commencer par uniformiser et améliorer le niveau d’éducation financière des conseillers. Les clients ne pourront qu’en profiter.

Pour revenir à notre analogie de départ, avouons qu’un conseiller financier bien formé et bien encadré par un ordre professionnel serait en mesure de soigner l’arbre financier de ses clients. Nous serions tous plus riches et la société entière en bénéficierait.

Le conseiller de demain

Le conseiller financier agréé servirait son client en lui prodiguant les soins et l’attention nécessaires pour que l’arbre financier de sa vie grandisse fort et en santé, et produise des fruits durant la vie de son client et même au-delà, si tel est sont désir.

Le conseiller serait en mesure de visualiser les besoins de son client, de comprendre ses désirs et de recommander de couper les branches financières malades, s’il veut que l’arbre financier de son client rapporte les fruits escomptés.

Dans le respect des paramètres des lois et des règlements en vigueur, le client paierait également moins d’impôts. Et au-delà de sa vie physique, l’arbre financier continuerait à porter des fruits pour ses héritiers. Le conseiller serait ainsi satisfait de son travail.


[1] La Cour suprême canadienne s’est prononcée à deux reprises sur le respect des lois provinciales dans la vente de produits d’assurance crédit par les banques.

Voir Canadian Western Bank c. Alberta; Cour Suprême; dossier no. 30823;

Banque de Montréal c. Marcotte; Cour Suprême; dossier no. 35009.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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