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Météo boursière : fait-il beau chez vous?

26 septembre 2012 | Commenter

Beaucoup de facteurs influencent les rendements des bourses. J’en ai choisi cinq que je vais résumer et évaluer selon une note de A (la meilleure) à D (la pire).

1. La valorisation : B
Depuis 50 ans, le ratio cours/bénéfices est de 16,4 pour le marché américain. Actuellement, ce ratio est de 15 pour la moyenne du TSX et du S&P 500, en progrès depuis un creux de 13,5 enregistré cet été. Dans ce contexte, il reste indéniablement de la place pour un rebond boursier, afin de rattraper le ratio historique. Toutefois, le pessimisme des investisseurs qui a jeté de l’ombre sur la présente décennie est une entrave de taille à la réalisation de cet objectif.

2. La croissance économique
J’accorde un C à l’Amérique du Nord, un D à la zone euro, et un B aux pays émergents.

On note une révision en légère baisse en 2012, une récession en Europe et une croissance lente en Amérique du Nord. Cette faible croissance hante les marchés boursiers, et cette fragilité laisse peu de marge de manœuvre.

3. Intervention politique par l’entremise des banques centrales : B
Comme les économies ont besoin d’être stimulées, les différentes banques centrales sont intervenues avec vigueur en septembre, faisant écho aux anticipations des marchés à ce sujet. On perçoit Mario Draghi de la BCE et Ben Bernanke de la Fed comme des intervenants plus hardis, crédibles et pragmatiques que les chefs d’État. Une nouvelle tendance en politique économique se dessine. Pour que la note soit de A, les promesses des banques centrales doivent se concrétiser à court terme.

4. Tendances directionnelles et techniques : B
L’évolution des cours boursiers, depuis quelques mois, a entrainé les investisseurs retardataires dans le sillage des marchés. Un optimisme modéré s’est immiscé dans les places boursières. Un changement de cap important touche les bourses européennes, puisqu’elles sont dans la mire des chasseurs d’aubaines.

5. Finance comportementale : C+
La finance comportementale considère le manque de confiance à l’échelle planétaire comme précurseur de la sous-évaluation des cours boursiers qui caractérise la présente décennie.

Les cours boursiers se transigent à escompte, en référence à la moyenne des cinq dernières décennies, passant d’un excès de valeur durant la décennie 1990 à l’équilibre durant la décennie suivante et à la sous-évaluation durant la présente décennie. Cette perte de confiance envers les placements plus risqués est fortement reflétée dans l’indice de confiance de State Street.

Tout revirement de confiance crée des remous et cause un effet d’entraînement dans la consommation et l’investissement. Cet effet moutonnier peut mener au meilleur comme au pire des scénarios.

L’effet sournois et dévastateur de ces incertitudes fait plus de ravage dans la zone euro. La résilience et le temps feront leur œuvre. Une toute nouvelle tendance légèrement favorable prendrait alors place, mais elle serait fragile et précaire.

William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie aux deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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