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Économie

Michael Burry prévoit une autre crise financière

20 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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crise_drapeau_425Plusieurs ont peut-être profité des Fêtes pour flâner au cinéma et… se replonger dans la crise financière de 2008 avec The Big Short, adaptation au grand écran du livre de Michael Lewis.

On y raconte l’histoire de Michael Burry, véritable devin économique incarné par Christian Bale, qui semble toujours avoir quelques foulées d’avance sur les autres.

En entrevue avec le Daily Intelligencer, le « vrai » patron de Scion Asset Management s’est épanché sur l’état du système financier, le marché et l’avenir, radieux ou pas.

Si le film le dépeint parfois comme un héros fanfaron, la réalité demeure qu’il a été très troublé par la crise.

« Je me sentais comme si je regardais un avion s’écraser. […| Je savais ce qui était en train d’arriver, mais il n’y avait rien que je puisse faire pour l’arrêter. Ni moi ni personne d’autre. […] Les emprunteurs ont été punis pour leurs excès. Ils ont perdu leurs maisons et leurs vies. N’oublions pas ça. Mais les dirigeants des prêteurs sont simplement devenus riches. »

Michael Burry a été choqué de voir que les gestionnaires les moins scrupuleux n’ont pas été punis pour leurs agissements, mais il constate qu’il en est souvent ainsi.

« Le petit paie toujours la note – le petit investisseur, emprunteur. C’est pourquoi on doit l’avertir d’être plus diligent, plus méfiant lorsqu’on lui offre de l’argent gratuitement. C’est toujours attrayant, mais c’est le diable qui veut son âme. »

PAS PLUS SÉCURITAIRE

Michael Burry ne constate pas beaucoup de changements positifs à la suite de la crise de 2008. Il espérait une ère de responsabilité individuelle. Il remarque plutôt que chacun blâme son prochain, que les grandes banques sont encore plus importantes aujourd’hui et que la Federal Reserve, composée de membres non élus, a davantage de pouvoir.

« La politique du taux d’intérêt nul a brisé le contrat social pour des générations de travailleurs américains, qui ont passé leur vie à épargner pour leur retraite, pour finalement se rendre compte que leurs économies étaient loin d’être suffisantes. »

Depuis règne la perception, à tout le moins dans les médias, que les Américains sont maintenus au sol par Wall Street, les grandes entreprises du secteur privé et les plus fortunés, estime Michael Burry. Mais il voit les choses différemment.

« Si un prêteur m’offre de l’argent, je ne suis pas obligé de le prendre. Et si je le prends, je suis mieux d’en comprendre toutes les conditions, car de l’argent gratuit, ça n’existe pas. Ce n’est que la base de la responsabilité personnelle et du sens commun. Les variables de cette crise sont multiples et elle n’a pas commencé avec les banques, mais bien avec les décisions d’individus qui empruntent pour financer une vie meilleure. […] Jusqu’ici, peu ont assumé leurs responsabilités dans cette affaire et la raison est simple : tous ces gens en ont trouvé d’autres à blâmer. »

ET MAINTENANT?

Quant à la situation actuelle, Michael Burry constate un retour à la case départ : essayer de stimuler la croissance avec de l’argent facile.

« Ça n’a pas marché, mais c’est l’unique outil que la Fed possède. […] La planète semble se diriger vers des taux négatifs de façon généralisée. C’est toxique. Les taux d’intérêt sont là pour donner un prix au risque. Dans l’environnement actuel, ce mécanisme est brisé. Ce n’est pas sain pour une économie. »

Ce qui l’inquiète le plus quand il songe à l’avenir? La dette.

« Les politiciens sont dépendants de cette idée que la croissance va remédier à nos dettes, mais les citoyens finissent par en payer le prix. »

Seule lueur d’espoir dans ce constat pessimiste : l’innovation. Pour le financier, le fait qu’elle se poursuive, même dans un climat défavorable, lui fait chaud au cœur.

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