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Affaires

Daniel Guillemette à la défense du conseil indépendant

18 février 2013 | Fabrice Tremblay

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Parmi tous les acteurs de l’industrie, c’est le secteur du conseil indépendant qui a le plus à perdre quand la confiance du public envers la profession diminue. Ce phénomène est à craindre même si, dans les faits, les quelques fraudeurs qui parsèment la profession proviennent aussi bien du conseil indépendant que des institutions financières.

Le conseiller Daniel Guillemette croit qu’il serait dommage que les conseillers de la prochaine génération n’aient pas le choix d’évoluer comme indépendants ou comme conseiller travaillant pour une institution financière. M. Guillemette a été récemment élu au conseil d’administration de la CSF, lors d’une élection partielle en décembre dernier.

« Quand j’ai commencé, je n’avais que 19 ans. J’ai aimé ça dès le début, et après 28 ans, je continue à “tripper” sur cette profession-là », affirme Daniel Guillemette, qui est président du cabinet Diversico, Experts-conseils.

« Je ne voudrais pas que la profession soit prise entièrement en charge par le domaine bancaire. C’est ce qui est arrivé dans certains secteurs très proches du nôtre, comme le courtage en valeurs mobilières, où il ne reste plus qu’un seul joueur indépendant au Québec », observe M. Guillemette.

« Si l’ensemble des conseillers sont considérés comme “des dangereux”, il ne resterait plus que les banques qui pourraient exercer un contrôle et rassurer la population. Au bout du compte, le client va être désavantagé parce que l’indépendance par rapport au fournisseur, c’est ce qui m’apparaît la chose la plus importante », poursuit le conseiller.

Travailler en amont
M. Guillemette ne peut pas se prononcer sur les priorités de la CSF dans les prochaines années, puisqu’il s’agit de décisions collectives. Cela ne l’empêche pas d’avoir identifié quelques sujets auxquels il compte s’intéresser pendant son mandat. Par exemple : comment travailler davantage en amont afin de prévenir les quelques cas de malversations qui viennent ternir la profession.

En analysant les cas passés, on peut identifier des pratiques qui sont plus à risque. « S’il y a un pattern,  on peut alors se questionner sur le processus à mettre en place pour empêcher qu’il ne se répète », explique le conseiller. Plutôt que d’alourdir la charge liée à la conformité pour l’ensemble des conseillers, on pourrait cibler davantage les enquêtes.  Par exemple, il peut arriver que l’on identifie un produit spécifique d’assurance vie qui est utilisé dans plusieurs cas de malversations. S’il y a des conseillers qui ne vendent presque qu’exclusivement ce produit-là, cela vaudrait la peine de recueillir plus de renseignements sur leur pratique.

Les défricheurs de la profession
Daniel Guillemette est content d’avoir vu sa profession évoluer de près, en particulier au cours des dix dernières années. Les jeunes conseillers vont se chercher plus de titres professionnels et de diplômes. Mais il ne faut pas sous-estimer l’apport des générations précédentes, croit-il. Ces conseillers, avec moins de diplômes, ont contribué à faire la différence dans la vie de beaucoup de gens, en convaincant des clients qui avaient peu de connaissances des questions financières.

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