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Monique Leroux défend le modèle coopératif international

10 novembre 2015 | La Presse Canadienne | Commenter

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De plus en plus mobilisé aux quatre coins de la planète, le mouvement coopératif doit maintenant passer à l’action, croit la présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux.

Celle qui est la co-hôte du troisième Sommet international des coopératives, qui se tiendra à Québec en octobre 2016, désire mettre fin à certains préjugés entourant ce modèle d’affaires.

« Il faut arrêter de voir cela comme une espèce de folklore en se disant : c’est bien sympathique les coopératives, mais ce n’est pas très actuel », explique Mme Leroux, au cours d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne, peu après le dévoilement de la programmation du sommet.

À l’échelle québécoise, la croissance de Desjardins, Agropur ainsi que la Coop fédérée démontre que les coopératives sont capables de créer de la richesse à long terme, ajoute-t-elle.

Sous le thème « Le pouvoir d’agir », le troisième rendez-vous international se penchera sur un bouquet de sujets, dont l’inclusion financière, le développement durable ainsi que les changements climatiques.

Outre le Canada et les États-Unis, des représentants du Japon, de la Chine, de la Corée du Sud ainsi que de l’Afrique et de l’Amérique du Sud se déplaceront pour l’occasion.

« Notre prétention, c’est que par définition, les coopératives (…) sont les mieux placées pour pouvoir avoir une vision à long terme, même si c’est parfois difficile », analyse la dirigeante de Desjardins.

DES ÉCONOMISTES DE RENOM

Signe que l’intérêt grandit à l’égard du sommet, des conférenciers de plus en plus chevronnés font partie de la programmation. Pour 2016, la présence des économistes de renom Joseph Stiglitz – lauréat du Nobel d’économie en 2001 – et Michael Kremer est déjà confirmée.

Organisé tous les deux ans, le sommet a véritablement transformé les perceptions à l’endroit des coopératives, croit Mme Leroux, qui effectuera son deuxième et dernier mandat à la tête de Desjardins en mars prochain.

« Je suis invitée pour représenter le mouvement coopératif au G-20. Il y a cinq ans, cela ne serait pas arrivé. Oui, on fait du progrès », dit-elle.

« Il reste encore du travail à faire, surtout lorsqu’on regarde les secteurs réglementés, comme la finance, nuance Mme Leroux. Par exemple, les règles comptables ne sont pas conçues par des gens qui vont comprendre les particularités des coopératives. »

S’il s’adresse principalement aux coopératives, l’événement cherche à ratisser de plus en plus large pour intégrer des intervenants issus d’autres secteurs.

Lors du sommet de 2014, le secteur privé représentait environ 20 % des participants, une proportion qui pourrait croître sans problème, selon Mme Leroux.

« Je n’ai aucun problème à ce que l’on puisse tendre vers le 70-30 ou même vers le 60-40 à terme, analyse la dirigeante du Mouvement Desjardins. Les sujets discutés touchent tout le monde, même les entreprises. »

JAMAIS DEUX SANS TROIS

Cette troisième édition devrait assurer la pérennité du sommet, croit Mme Leroux.

« On dit souvent que ce n’est jamais deux sans trois, dit-elle. On pense que ça nous en prend un troisième pour vraiment asseoir cela. »

Même s’il reste encore plusieurs mois avant le coup d’envoi, une réflexion s’imposera l’an prochain quant à l’endroit dans le monde où pourrait se tenir la quatrième réunion internationale du mouvement coopératif.

Mme Leroux a confirmé que d’autres acteurs – qu’elle n’a pas voulu nommer – s’étaient manifestés de façon sérieuse afin d’organiser ce rendez-vous international coopératif en 2018.

Le troisième Sommet international des coopératives se tient à Québec du 11 au 13 octobre 2016.

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