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« On a choisi une formule qui soit adaptée au Canada afin de protéger le service postal à long terme »

4 mars 2014 | Commenter

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Anick Losier,
porte-parole de Postes Canada

« Au cours des dernières années, nous avons réalisé, ou fait réaliser par des consultants extérieurs, plusieurs études sur la création éventuelle de services financiers au sein de notre réseau. Ces études, qui font des centaines de pages, prouvent que nous avons étudié la question sérieusement. Mais ce n’est pas parce que nous possédons le réseau le plus important au pays qu’on peut forcément se lancer dans les services financiers. Les choses ne sont pas si simples. »

1 « Nous n’avons subi aucune pression des banques ni du gouvernement »

Contrairement à ce qu’affirme le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, nous n’avons subi aucune pression de la part des banques ou du gouvernement fédéral. On a simplement demandé au Conference Board du Canada, qui est un organisme indépendant, de se pencher sur la question et il a rendu ses conclusions dans un rapport publié en avril 2013. Ses auteurs ont analysé différents modèles existants dans le monde et ils se sont demandés s’ils étaient transposables à Postes Canada.

2 « Une expertise que nous ne possédons pas »

En fin de compte, on constate deux choses. D’abord, les Canadiens effectuent de plus en plus leurs transactions en ligne. Résultat, il y a aujourd’hui beaucoup moins d’opportunités qu’il n’y en a eu par le passé, et cette tendance va s’amplifier. Ensuite, s’engager dans la voie des services financiers demanderait des investissements et une expertise que nous ne possédons pas.

Notre conclusion est que cette option n’est pas viable pour l’instant et qu’elle ne permettrait pas de répondre au problème du déclin du secteur des lettres, où l’on constate une diminution d’environ trois millions de lettres par jour. Si on voulait que l’affaire soit rentable, il faudrait que Postes Canada ait le même genre de revenus annuels que la Banque Nationale. Pour cela, il faudrait investir des sommes énormes dans la formation, la modernisation du réseau, les systèmes de sécurité, etc. Mais au bout du compte, ça ne réglerait pas le problème du déclin du service Poste-lettres, ni le fait que notre modèle d’affaires date des années 1970-1980 alors que les gens envoient beaucoup moins de lettres qu’autrefois.

3 « Nous voulons protéger le service postal à long terme »

Nous avons bien sûr aussi regardé ce qui existe à l’étranger. Mais les autres pays n’ont pas du tout la même structure ou la même géographie que le Canada. Aucun pays dans le monde n’a par exemple une population rurale qui soit tellement éloignée et éparpillée dans certaines régions. Leur histoire est également très différente de la nôtre. Ainsi, au Japon, les services financiers font depuis toujours partie du réseau postal. En Nouvelle-Zélande, l’offre de services bancaires a été instaurée pour contrer l’invasion des banques australiennes. En France, c’est encore autre chose, et de toute façon le pays est beaucoup plus petit et plus densément peuplé. Donc, il fallait que nous adoptions une formule qui soit adaptée au Canada afin de protéger le service postal à long terme.

Cela dit, beaucoup de gens l’ignorent peut-être, mais Postes Canada offre déjà depuis des années plusieurs services à caractère financier, comme les cartes de crédit Visa et MasterCard prépayées rechargeables, les services de mandat-poste et le service de paiement MoneyGram.

4 « Le marché des services financiers est déjà bien fourni »

Le Conference Board a conclu que la fourniture de services financiers n’était pas une option viable pour le service postal canadien, entre autres parce que ce marché est déjà bien fourni au pays. Et aussi parce que nous n’avons pas la capacité, aujourd’hui, de nous lancer dans cette voie en plus d’essayer d’être plus compétitifs sur le plan des colis.

Alors est-ce que cela signifie que ça n’arrivera jamais ? Pas nécessairement. Mais, pour l’instant, la priorité est de faire évoluer notre modèle d’affaires.

À lire :
L’avis de Sylvain Lapointe, directeur national pour la région de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes
Services bancaires : Postes Canada caviarde ses études

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