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«On veut être un leader en matière d’éducation financière», dit l’AMF

9 avril 2015 | Pierre-Alexandre Maltais | Commenter

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Après plus d’un an de préparation et de concertation, un regroupement de 20 organisations chapeauté par l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’apprête à mettre en œuvre la toute première stratégie québécoise en éducation financière d’ici le mois de juin prochain. Coup d’œil sur ce plan d’action qui promet notamment d’amener les Québécois à parler plus ouvertement d’argent avec leur conseiller.

Créé en mars 2014, le Comité consultatif en éducation financière (CCÉF) – qui comprend entre autres le Mouvement Desjardins et la Chambre de la sécurité financière (voir l’encadré) – s’est donné pour mandat de fédérer les différentes initiatives existantes en matière d’éducation autour d’objectifs communs, notamment :

  • Inciter les Québécois à parler davantage d’argent, de finances et d’économie.
  • Susciter le passage à l’action dans la gestion des finances personnelles.
  • Éveiller les consommateurs aux pièges de l’endettement et de la fraude financière.
  • Accroître la confiance à l’égard des marchés financiers.
  • Sensibiliser les Québécois à leurs droits et responsabilités en matière de finances personnelles.
  • Reconnaître le rôle des représentants de l’industrie financière et les sensibiliser aux outils existants.

« On veut être un leader en matière d’éducation financière », lance Camille Beaudoin, chef du Service de l’éducation financière à l’Autorité des marchés financiers.

« Il faut amener les institutions financières à un effort de concertation plus grand afin d’accroître la diffusion des objectifs de la stratégie auprès de la population », explique M. Beaudoin. La phase consultative sera bientôt chose du passé et les actions concrètes découlant des propositions compilées par le Comité devraient être mises en branle par la suite, au début de l’été selon M. Beaudoin, qui ne peut confirmer une date précise pour l’instant.

Les 20 membres du Comité consultatif en éducation financière

  • Autorité des marchés financiers
  • Chambre de la sécurité financière
  • Ordre des comptables professionnels agréés du Québec
  • Chambre de l’assurance de dommages
  • Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières
  • Mouvement Desjardins
  • Banque Nationale
  • Bourse de Montréal
  • Finance Montréal
  • Institut québécois de planification financière
  • Conseil des fonds d’investissement du Québec
  • Association des banquiers canadiens
  • Bureau d’assurance du Canada
  • Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport
  • Ministère des Finances
  • Office de la protection du consommateur
  • Régie des rentes du Québec
  • Union des consommateurs
  • Option consommateurs
  • Coalition des associations de consommateurs du Québec



Par des Québécois, pour des Québécois

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) recense actuellement plus de 50 États travaillant sur un projet de stratégie nationale en éducation financière. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada travaille actuellement à l’élaboration d’une stratégie pancanadienne en ce sens qui devrait être appliquée cette année.

Alors, pourquoi travailler à la création d’une stratégie locale? « Ce n’est pas une stratégie politisée. Il y en aura une au Canada. Le but, c’est d’avoir une stratégie spécifique au Québec », explique M. Beaudoin.

Dans son document de consultation publié plus tôt cette année, l’AMF fait aussi référence au « contexte québécois » pour justifier ses efforts en matière d’éducation.

On peut y lire que « les Québécois demeurent souvent inconfortables à parler d’argent » et qu’à bien des égards, « [leur] relation avec l’argent les distingue des Canadiens des autres provinces ».

Une inspiration qui vient de loin

Les orientations préconisées par le CCÉF sont inspirées en grande partie par la stratégie nationale de la Nouvelle-Zélande. « On s’est basé sur leur approche de la problématique. Au Québec, on a le même enjeu, soit de changer la culture financière de la population », explique M. Beaudoin. Selon lui, la société néo-zélandaise ressemble grandement à la nôtre, notamment par son contexte socio-économique ou encore ses valeurs judéo-chrétiennes bien ancrées.

Les trois grands axes d’intervention préconisés par le CCÉF (Parler, Apprendre et Agir) font d’ailleurs écho au plan en cinq axes de la Commission for Financial Capability (Parler, Apprendre, Planifier, Gestion des dettes et Épargne/Investissement).

Si les premiers gestes concrets reliés à cette première stratégie québécoise en éducation financière sont prévus cette année, M. Beaudoin ne se cache pas que le défi demeure énorme. « Le plus gros du travail reste à faire. Il faut aller chercher le soutien et les efforts des joueurs majeurs de l’industrie afin d’atteindre nos objectifs. Le défi se trouvera dans l’application du plan d’action », conclut-il.

L’indice Autorité, une mesure concrète des besoins

L’Indice Autorité évalue la perception de l’utilité et le taux d’adoption de 40 comportements financiers jugés avisés auprès d’un échantillon de 1 500 personnes responsables de la gestion des finances dans leur ménage.

• En ce qui a trait à la planification financière de leur retraite, les Québécois demeurent peu nombreux à poser des gestes concrets. Moins d’un Québécois sur deux (46 %) a fait l’exercice de vérifier si les sommes épargnées sont suffisantes pour la retraite; à peine la moitié (55 %) tient actuellement compte de notions importantes comme l’inflation et l’espérance de vivre plus vieux que la moyenne (54 %).

• 27 % des Québécois faisant affaire avec un représentant lui ont déjà demandé comment il était rémunéré; et 39 % ne lui ont jamais posé de questions sur les frais.

• L’Indice Autorité révèle aussi que 47 % des investisseurs québécois font la démarche de vérifier si leur représentant est autorisé à leur vendre le produit offert, un geste concret à poser en consultant le registre de l’AMF.

• Les Québécois qui ne font pas affaire avec un représentant ont une vigilance financière moindre (52,9 %) que ceux qui bénéficient de l’expertise d’un professionnel (62 %).



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