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Parlons frais

30 septembre 2015 | Scott Mackenzie | Commenter

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Vos clients apprécieront que vous leur parliez des coûts de placement dans les fonds communs.

Je dois rendre hommage à mon avocat : il sait vraiment comment établir une facture. Bien que les montants indiqués ne m’enchantent guère, tous les détails y sont. Même les frais mineurs de photocopie sont indiqués. Je suis impressionné car il m’est facile de constater que j’en ai vraiment pour mon argent.

Si l’on en croit les activités récentes dans l’industrie, les Canadiens commencent à voir les choses de la même façon en ce qui a trait aux frais qu’ils déboursent pour leurs placements dans des fonds d’investissement. À preuve, l’intérêt manifesté pour les fonds indiciels à faibles coûts et les programmes de réduction de frais mis de l’avant par les maisons de courtage à escompte.

L’administration d’un fonds de placement coûte de l’argent, et les frais font tout simplement partie de ce type de placement. Mais contrairement aux années antérieures, vos clients semblent plus conscients de ces frais, en particulier ceux qui sont représentés par le ratio de frais de gestion (RFG). Les investisseurs veulent obtenir la ventilation de ces frais et tolèrent de moins en moins une hausse de frais de gestion.

La plupart des Canadiens achètent leur fonds par l’entremise de conseillers et, à ce titre, il semble sensé pour le conseiller de faire partiellement office de chien de garde des clients en limitant au minimum le total des frais.

Le fonds diversifié typique d’actions canadiennes affiche un RFG de plus de 2 %, en légère hausse par rapport aux années précédentes. Les versions « d’investissements garantis » de ces fonds, très populaires, entraînent d’autres coûts, et il n’est pas rare de voir leur RFG supérieur à 3 %. Les RFG de fonds spécialisés, comme vous pouvez vous y attendre, peuvent être encore plus élevés et atteindre 6 % ou plus!

Les frais de gestion annuels élevés érodent le capital du fonds d’investissement et votre client perd l’effet de l’intérêt composé sur ces dollars perdus. Toutes choses égales d’ailleurs, un fonds affichant un RFG supérieur produira des rendements inférieurs à long terme.

Mais toutes les autres choses ne sont pas égales. Aussi, afin de distinguer un fonds de l’autre, différentes techniques de gestion sont utilisées pour constituer des portefeuilles diversifiés d’actions canadiennes. N’oubliez pas que le marché boursier canadien est d’une taille relativement limitée, surtout pour le gestionnaire de placement axé sur les liquidités. Quel que soit le style de gestion utilisé, le choix des titres est restreint. Cela veut dire que les écarts de rendements de ces fonds ne seront vraisemblablement pas aussi prononcés qu’avec les fonds qui investissent dans d’autres marchés. Les écarts contrôlables (tels que les frais) devraient donc avoir une influence notable sur l’ensemble des rendements.

La notion sans doute la plus persistante qu’ont les clients relativement aux fonds de placement est que tant que le gestionnaire d’un fonds en surpasse un autre, un RFG supérieur est justifié. Intuitivement parlant, cela semble logique, mais c’est peut-être une perception erronée.

Si le gestionnaire d’un fonds surpasse constamment ses collègues, il y a de bonnes chances pour qu’on compare des pommes avec des oranges. Si l’on croit que pour obtenir un rendement supérieur à long terme, un risque accru doit être assumé par l’investisseur, alors à titre de conseiller, j’essaierais d’établir exactement dans quelle mesure le fonds convient à mon client : est-ce qu’il ne court pas un risque exagéré?

Alors comment donc les concepteurs de fonds pourraient-ils nous aider à surveiller et à évaluer les frais? Il nous serait utile de comparer des fonds si leurs rendements étaient indiqués avant et après les frais (actuellement, ils sont toujours indiqués après les frais). De plus amples détails sur le mode d’application de ces frais seraient également utiles.

Dans l’ensemble, des détails plus précis permettent des comparaisons plus éclairées. Mais je suggérerais que les sociétés de fonds n’aillent pas jusqu’à détailler les frais de photocopie…

Scott Mackenzie

Scott MacKenzie est vice-président, fonds d’investissement, chez Portfolio Analytics Ltd., à Toronto.


• Ce texte est paru dans l’édition de février 2000 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
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