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Pas de récession aux États-Unis en 2008, selon la CIBC

21 janvier 2008 | Commenter

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L’économie américaine n’est pas en récession et n’en connaîtra probablement pas, indique un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC. Même si plusieurs aspects de cette économie semblent faiblir, des dizaines d’indicateurs d’activité montrent que l’économie américaine traverse simplement un ralentissement de milieu de cycle typique.

« La rémunération des salariés [aux États-Unis] n’a pas beaucoup augmenté en décembre, mais elle a néanmoins progressé, et la progression moyenne estimée sur trois mois, qui reflète plus la tendance, n’est pas plus faible que celle observée lors de ce qui s’est avéré n’être que des ralentissements de milieu de cycle », commence Avery Shenfeld, économiste principal, Marchés mondiaux CIBC.

Quant à l’indice ISM manufacturier, même s’il se situe sous les 50 points en janvier, il n’est pas moins élevé qu’au cours des derniers ralentissements de milieu de cycle. « Les principaux indicateurs du secteur manufacturier ne sont pas si mauvais et révèlent possiblement une amélioration de la compétitivité à l’échelle mondiale résultant de la faiblesse du billet vert. Les commandes du secteur manufacturier, par exemple, sont en progression. »

Bien que les banques ne prévoient qu’une faible croissance au premier trimestre de 2008, M. Shenfeld considère que l’économie américaine se reprendra dès le deuxième. Selon lui, cette reprise sera principalement attribuable aux récentes mesures adoptées pour éviter les plus graves répercussions des défauts de paiement des prêts hypothécaires à risque et aux conséquences tardives des baisses du taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine. M. Shenfeld s’attend aussi à ce que les exportateurs américains profitent de la faiblesse du dollar aux États-Unis, qui stimulera les activités commerciales du pays.

En outre, le rapport indique que l’économie américaine n’est tout simplement plus aussi importante qu’avant pour l’économie mondiale. À la fin des années 1990, la croissance de l’économie américaine représentait presque 30 % de la croissance mondiale, alors qu’elle s’élève seulement à 10 % aujourd’hui. Cette perte s’accentue quand on évalue l’impact de l’économie américaine sur le marché des ressources.

« Les cours actuels de 90 $ US pour le brut et de 3,20 $ US pour le cuivre semblent défier la conjoncture économique aux États-Unis, rapporte Jeff Rubin, économiste en chef, Banque CIBC. Ou bien l’économie américaine est beaucoup moins fragile que ne le jugent les marchés financiers ou alors elle est loin d’être aussi importante qu’auparavant pour l’économie mondiale. »

Par ailleurs, la consommation, stable ou descendante, des principaux produits de base aux États-Unis compte pour une part de plus en plus réduite du marché mondial. « L’économie des États-Unis est encore, et de loin, celle qui consomme le plus de pétrole au monde, comme en témoignent les 21 millions de barils qu’elle engloutit chaque jour, mais sa contribution à l’accroissement de la demande mondiale en pétrole au cours des deux dernières années a été nulle, constate M. Rubin. En fait, la consommation de pétrole a légèrement reculé pendant cette période, qui en a été une de croissance économique relativement vigoureuse. »

L’économie américaine n’est pas non plus responsable de la flambée de la consommation mondiale en métaux dans les cinq dernières années. Pendant cette période, aux États-Unis, la demande en zinc et en cuivre a diminué, celle en aluminium et en nickel a été assez stable. Par contre, la demande en Chine grimpe de plus de 20 % par année.

M. Rubin juge qu’on ne peut encore établir avec certitude si les États-Unis se dirigent vers une récession ou seulement vers un ralentissement de milieu de cycle. Toutefois, en ce qui concerne les marchés du brut, des métaux de base et des autres ressources, il suggère que cela n’a peut-être plus d’importance.

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