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Baisse économique

Placement : perdre de l’argent ou ne pas en gagner assez?

5 avril 2011 | Commenter

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questions_decisions_choix_425Entre deux maux, on choisit le moindre, dit l’adage. À ses blogueurs préretraités et retraités, Morningstar.com, a demandé quel scénario leur paraissait le plus pénible en matière de placement : perdre de l’argent ou ne pas en gagner assez?

Les réponses reçues se classent en trois grandes catégories.

1. Préserver le capital
« Je cherche à préserver mon bas de laine et à le faire fructifier avec prudence seulement dans le but de devancer l’inflation », écrit ColonelDan. Durant ses années d’accumulation, ColonelDan priorisait la croissance suivie de la préservation. Mais depuis qu’il est à la retraite, il fait le contraire, c’est-à-dire qu’il opte pour la préservation suivie de la croissance. « Si l’on n’a pas gagné le rodéo de la vie, pourquoi continuer à enfourcher le taureau? Pourquoi prendre le risque supplémentaire de perdre ce que l’on a quand on n’a plus autant d’années pour récupérer cet argent et que ce que l’on a maintenant est plus que suffisant pour répondre aux besoins? », écrit-il.

Pour sa part, Dcontroe estime que « préserver les actifs accumulés est beaucoup plus important alors que l’âge avance ». Plus jeune, ne pas gagner assez d’argent était la considération qui prévalait pour lui, car il avait du temps pour compenser les manques à gagner occasionnels. « Maintenant que je suis plus âgé et que j’ai moins d’années devant moi, ce qui importe est de ne pas perdre d’argent », dit-il.

Taylor Larimore, lui, adopte une approche de la préservation légèrement différente : « La plupart des investisseurs pensent aux probabilités. Les investisseurs avisés pensent aussi aux conséquences. Cela veut dire qu’à l’approche de la retraite l’argent que nous affectons aux actions devrait se limiter à ce que nous pouvons nous permettre de perdre. »

Palmreader partage aussi cet avis : «Avec l’expérience de septembre 2008 à mars 2009 encore fraîche, je peux affirmer sans hésiter que beaucoup perdre est infiniment pire que ne pas optimiser ses gains», note-t-il.

2. Contrôler les coûts
Les retraités doivent mettre l’accent sur le contrôle de leurs frais de placement et leurs dépenses de subsistance, soulignent les blogueurs. « Je déteste perdre de l’argent. Mon portefeuille est donc assez prudent. J’ai accepté le fait que mon rendement peut ne se situer que dans la fourchette de 3 % à 4 %, et mon souci principal est de contrôler les dépenses. En bout de ligne, ces efforts me conduiront à un niveau de dépenses minimum. J’espère qu’à ce stade-là, les rendements de mes placements vont s’améliorer », dit James57.

Povdds, qui est réticent au risque, aspire à la tranquillité d’esprit par le contrôle des dépenses de subsistance. « J’essaie de m’adonner à des activités moins chères mais plus gratifiantes comme lire et rester près de mon lieu de résidence, et je recommande de trouver en soi-même des raisons d’être reconnaissant de ce que l’on a, même au milieu d’une mauvaise économie, fait-il remarquer. Il en deviendra moins probable que l’on tire trop sur ses actifs de retraite. »

« Pensez comme une entreprise. Débarrassez-vous des mauvais actifs et réduisez les coûts », conseille Heyka, qui prendra sa retraite dans moins de trois ans. Son portefeuille comprend un onglet qui piste les flux monétaires de que ses placements génèrent. « Développez votre portefeuille en y mettant des sociétés qui ont des bilans inébranlables, des entreprises stables et durables, et dont les flux de trésorerie croissants vous sont distribués à vous, le propriétaire. Ensuite, quand le marché connaît de grosses fluctuations d’un côté ou de l’autre, retournez à cet onglet. Regardez les flux de trésorerie. Les valeurs reviendront si les flux de trésorerie vous conviennent. S’il vous faut des flux plus importants parce que votre compte n’est pas assez important pour soutenir votre mode de vie, réduisez vos dépenses », dit Heyka.

3. C’est le marché qui compte, pas l’âge
« Mon âge ne va pas déterminer ma philosophie de placement ou ses affectations, pas plus que l’âge de Warren Buffett ne détermine la sienne », constate ToooIntense. Ce blogueur croit que la clé du succès est de rester souple et de profiter des avantages que présente le marché. «J’aime les deux principes du placement énoncés par M. Buffett : la règle numéro un est de ne pas perdre d’argent, et la règle numéro deux est de ne pas oublier la règle numéro un », rappelle-t-il.

Pour Connoc, un départ solide et des placements toujours profitables ont conduit à une plus grande marge de manoeuvre au cours de la retraite. Comme mesure préventive, il préconise de garder l’oeil sur les occasions de croissance. « Pourquoi changer ma répartition d’actifs ou ma stratégie tactique si elles m’ont bien servi? La seule différence que j’introduirais est de placer deux ou trois années de dépenses dans des investissements plus stables », écrit-il. Il investit dans un seul but : pour gagner de l’argent. « C’est là qu’il y a du plaisir! Si je devais me concentrer sur la préservation des actifs, autant la confier à un gestionnaire », dit Connoc.

Le préretraité Bnorthrop déploie une stratégie en deux volets : maintenir une réserve d’actifs à court terme et profiter des occasions qu’offre le marché. Ainsi, il garde environ cinq ans de dépenses de subsistance dans des liquidités et des quasi-espèces à court terme. Il place le reste de son capital « de la manière dont j’ai toujours investi ». Il fait le pari que ses liquidités seront renflouées dans les années de plus grande abondance. « Avec un peu de chance, je ne perdrai pas d’argent et en gagnerai suffisamment », explique-t-il.

Enfin, le blogueur mws17 travaille avec deux portefeuilles distincts. Le premier représente 95 % de son épargne-retraite. Il comprend des fonds communs et des fonds négociés en Bourse gérés avec prudence. Le second, composé des 5 % restants, est un portefeuille d’actions ordinaires plus risquées dans l’espoir de gagner davantage. « Le portefeuille risqué va-t-il toujours prendre de distance le portefeuille prudent? Cela reste à prouver. Que cette philosophie soit la bonne, la mauvaise ou quelque chose entre les deux, elle se situe dans notre zone de confort et, en ce qui nous concerne spécifiquement, elle marche bien », conclut-il.

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