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Perspectives 2010 : tiédeur des gestionnaires de placements

15 décembre 2009 | Ronald McKenzie | Commenter

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Si l’on se fie à l’humeur des gestionnaires sondés par la firme Investissements Russell Canada, l’année 2010 réservera quelques bonnes surprises aux investisseurs. En effet, 83 % des spécialistes en placements de cette firme s’attendent à une hausse du S&P/TSX en 2010. Quelque 71 % d’entre eux prévoient une progression du secteur énergétique canadien, et 64 % envisagent des gains pour les marchés émergents.

Cette confiance s’appuie sur les bénéfices solides des banques, l’amélioration des statistiques économiques, la hausse du prix des marchandises et le redressement du marché immobilier résidentiel. « Malgré un taux de chômage élevé, dit Russell, la prospérité relative du Canada continue de faire l’envie des économies aux quatre coins du monde. »

Mais, lorsqu’on épluche les données, on s’aperçoit que les gestionnaires sondés ne débordent pas d’enthousiasme. Selon 56 % d’entre eux, les actions sont évaluées à leur juste valeur, tandis que près de 25 % estiment qu’elles sont surévaluées. Dix-sept pour cent des personnes sondées considèrent que les actions sont sous-évaluées.

Ce sont les perspectives de croissance des marchés émergents, la Chine et l’Inde en particulier, qui recueillent l’assentiment de la plus forte majorité des gestionnaires. Près des deux tiers des professionnels interrogés (64 %) font preuve d’un solide optimisme à l’égard de ces marchés. Quant au pourcentage de pessimistes, il est passé de 28 % à seulement 15 %. L’optimisme envers les États-Unis et les pays de l’EAEO (Japon, Royaume-Uni, France, Allemagne et Australie) a fléchi à 44 % et 47 % respectivement au cours du dernier trimestre.

Au Canada, les gestionnaires croient que le secteur énergétique continuera de récompenser les investisseurs. En effet, comme le cours des actions des producteurs canadiens de pétrole tient compte d’un prix s’élevant à environ 65 $US le baril, les transactions récentes dans les 75 $US ou plus laissent entrevoir un potentiel haussier pour ce secteur énergétique. D’ailleurs, à peine 14 % des gestionnaires disent être pessimistes quant à l’énergie.

Une majorité d’entre eux (54 %) anticipent une année 2010 prometteuse du côté des matériaux, grâce au prix des aurifères. Quant au secteur des télécommunications, il semble conserver tous ses attraits puisque le pourcentage de gestionnaires optimistes est passé de 48 % à 52 %, contre une proportion inchangée de 32 % pour les gestionnaires aux perspectives pessimistes.

Baisse de confiance dans plusieurs secteurs
Cependant, depuis le dernier trimestre, on note une baisse de la confiance des gestionnaires vis-à-vis des secteurs financiers, des technologies de l’information, des services publics, des produits industriels, des biens de consommation non essentielle et des biens de consommation de base.

Dans ces deux derniers cas, il faut dire que les bénéfices décevants de certaines entreprises spécialisées en biens de consommation non essentielle (comme Shoppers Drug Mart), ainsi que les rendements toujours faibles dégagés par les actions des biens de consommation de base, l’un des pires secteurs au chapitre des rendements au cours de la dernière année, ont contribué à miner la confiance des gestionnaires.

L’étude de Russell met également en relief le pessimisme des gestionnaires envers les sociétés canadiennes à petite capitalisation. L’optimisme envers les actions canadiennes à petite capitalisation s’est assombri, passant de 62 % à 47 % au cours du dernier trimestre, tandis que le niveau de pessimisme a grimpé de 6 points de pourcentage, pour représenter près du tiers des gestionnaires.

Ce résultat tient probablement au fait que les sociétés à petite capitalisation ont déjà pris une avance considérable sur leurs grandes sœurs cette année. Certains gestionnaires privilégient peut-être maintenant les sociétés à grande capitalisation pour se protéger contre les fléchissements éventuels en cette conjoncture haussière.

Cette tiédeur relative pour les actions se traduit par un regain d’appétit pour les obligations canadiennes. L’opinion des gestionnaires a repris du mieux, passant d’un niveau d’optimisme de 6 % au dernier trimestre, à 18 % ce trimestre. « Considérant que les liquidités offrent un rendement quasi nul, les obligations canadiennes pourraient représenter un juste milieu intéressant », précise Russell. Les obligations à rendement élevé suscitent cependant des prévisions mixtes parmi les gestionnaires : environ un tiers des répondants se montrait optimiste, un tiers pessimiste et un autre tiers neutre.

À propos de liquidité, il faut noter que seulement 6 % des participants au sondage y voient une source d’enrichissement en 2010. « À l’instar de la majorité des gestionnaires de placements, nous nous montrons peu enclins à détenir des liquidités et encourageons fortement les investisseurs à investir dans les marchés tout en prenant garde d’adopter une approche diversifiée afin d’atténuer les risques et de tirer parti d’occasions importantes », indique Russell.

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