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Pétrole, gaz et or : le bon plan en 2011

11 janvier 2011 | Commenter

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fr_road-ahead-0111-250L’année dernière était particulièrement mouvementée en ce qui concerne les produits de base : l’or a atteint un sommet sans précédent et le pétrole a grimpé de quelque 70 $ à près de 90 $, alors que le gaz naturel n’a pour ainsi dire pas bougé de son plancher de 4 $. Heureusement pour les investisseurs, l’année 2011 s’annonce plus calme et les prix des marchandises devraient remonter la pente.

Pétrole
Pratiquement deux ans ont été nécessaires au pétrole brut pour récupérer le terrain perdu depuis la récession; à moins d’une nouvelle crise, il devrait se maintenir autour de 90 $. Kevin Kelly, portefeuilliste adjoint pour la Corporation Financière Mackenzie, considère ce cours tout à fait convenable. « Entre 80 $ et 90 $, le prix du pétrole est parfaitement gérable pour les entreprises dans la plupart des régions du globe », soutient-il.

M. Kelly, est d’avis que le pétrole se maintiendra dans cette fourchette pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ce prix convient à l’OPEP, comme le révèlent ses déclarations. « Des prix variant de 75 $ à 95 $ répondent aux besoins budgétaires et économiques des pays membres, et ils savent que le reste du monde est capable de les assumer. »

De plus, l’augmentation de la demande mondiale attise également les prix du pétrole. M. Kelly souligne que les réserves excédentaires diminueront d’ici quelques années, étant donné la demande des marchés émergents. La nouvelle production est insuffisante pour compenser la consommation pétrolière vorace de la Chine. Alors qu’elle s’élevait à 5 millions de barils par jour il y a deux ans, on prévoit que la capacité excédentaire tombera à environ 1 million de barils par jour, provoquant une hausse des prix.

John Kurgan, stratège principal des marchés pour la firme torontoise Lind Waldock, estime que l’essor de la demande pourrait propulser le prix du baril à plus de 100 $. « Il se situe déjà à 90 $ environ, et 10 $ de plus, ce n’est vraiment pas beaucoup », affirme-t-il.

Gaz naturel
C’est dans le secteur du gaz naturel que les prix sont susceptibles de connaître les plus grandes augmentations, pense M. Kelly. Ils sont tellement bas, qu’ils pourraient facilement exploser de 50 %. Historiquement, les prix pétroliers et gaziers sont moins discordants. Le rapport entre ces prix est d’habitude de 8 pour 1, alors qu’il est actuellement de 22 à 1. Bien qu’elle ne soit probablement pas imminente, une chute des prix est imminente, selon M. Kelly. Les sociétés nord-américaines commencent à exporter du gaz naturel vers des marchés où son prix est davantage lié à celui du pétrole brut. « Les sociétés se sont lancées dans la production de gaz naturel liquéfié et l’exportent vers l’Asie. Sur certains marchés outre-mer, le million de pieds cubes vaut 10 $ ou 15 $ contre 4 $ en Amérique du Nord, souligne-t-il. Mettre au point des opérations d’arbitrage sur les cours pétroliers et gaziers prendra un certain temps, mais les prix du gaz naturel sont déjà négociés à la hausse aux quatre coins du globe. »

Le secteur du gaz naturel est confronté au problème de la surcapacité. Les nouvelles technologies ont facilité le forage et réduit les coûts d’extraction du gaz naturel, ce qui risque de compromettre les prix. Cependant, Michael Herring, stratège en investissements à BMO Marchés des capitaux, affirme que si les prix baissent trop, le forage sera interrompu et la demande augmentera.

Le secteur a été ébranlé en octobre dernier, lorsque les prix ont plongé sous les 4 $. « C’était la fin de la partie pour ceux qui vendaient leurs titres gaziers, explique M. Herring. Depuis, le prix a récupéré environ 10 %. Autrement dit, quand on tombe sous le seuil de 4 $, même le schiste argileux est une mauvaise affaire. »

Selon M. Herring, les prix du gaz se maintiendront dans la fourchette de 5 $ à 6 $ l’année prochaine. « Si les cours sont inférieurs au niveau actuel, nous assisterons à des fermetures. Au-dessus de 5 $, l’activité augmentera. »

L’or
Avoir ou ne pas avoir de l’or ? Le fait qu’on ait installé une machine distributrice de lingots d’or dans un centre commercial de Floride devrait vous aider à démêler la question. Depuis le début de l’année, le cours de l’or a grimpé d’environ 27 % et franchi le seuil des 1 400 $ en novembre. Beaucoup considèrent ce prix trop beau pour être vrai.

Pour la plupart des produits de base, le prix fluctue en fonction de l’offre et la demande, ce n’est pas le cas pour l’or. Ce sont uniquement les émotions qui ont provoqué cette flambée. Convaincus que le dollar américain va s’effondrer et que l’économie continuera à patauger, les investisseurs, en quête d’un refuge, se ruent sur le métal jaune.

Le World Gold Council a révélé que la production excédentaire a atteint en 2010 près de 1 930 tonnes, attestant sans équivoque de la dichotomie entre l’offre et la demande. Il ne faut pas pour autant en déduire que les prix aurifères n’augmenteront plus. « Tout indique que le prix de l’or poursuivra son ascension, précise M. Kurgan. La Chine continue à importer de sérieuses quantités de métal précieux (près de cinq fois plus cette année que la précédente) et les banques centrales étoffent toujours plus leurs réserves. Nous en sommes à la dixième augmentation en un an. L’or n’avait pas enregistré autant de gains successifs depuis les années 1920. »

Dans son portefeuille, M. Kelly accorde environ 10 % à l’or à titre de protection contre l’inflation. Il estime possible que son cours atteigne 1 500 $, surtout si le gouvernement américain maintient sa politique d’assouplissement quantitatif, mais il pourrait tout aussi bien diminuer. Si les investisseurs reprennent confiance en l’économie, ils pourraient délaisser le métal précieux. Quand les gens ne sentiront plus la nécessité de mettre leur actif à l’abri, ils n’hésiteront pas à liquider l’or pour revenir vers d’autres produits de base ou vers les actions. »

À ce moment là, le prix de l’or pourrait ramper pendant des années. Entre 1980 et 1982, l’or a plongé de 850 $ à 300 $; il a ensuite oscillé entre 300 $ et 400 $ pendant une quinzaine d’années, à l’exception de quelques crêtes. Néanmoins, de nombreux observateurs prévoient que le prix de l’or gagnera encore au moins 200 $ avant de se stabiliser.

Les perspectives de la majorité des produits de base sont généralement positives. M. Kurgan s’attend à une hausse du prix de l’argent, et les contrats de terme de coton ont franchi en 2010 des sommets sans précédent. Même le prix du sucre est entraîné à la hausse; il a déjà gagné 45 % depuis septembre dernier.

Cette reprise économique attise la plupart des produits de base, note M. Kurgan. « Quand la roue recommencera à tourner, la demande de produits de base sera phénoménale, mais les stocks feront défaut. Personne ne peut savoir au juste ce qu’il adviendra alors, mais je pense que plusieurs marchés marqueront une solide avance. »

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