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Placer ses billes

23 mars 2015 | Sylvain B. Tremblay | Commenter

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Que nous réservent les marchés pour 2015? Serons-nous encore gâtés comme nous l’avons été au cours des deux dernières années?

Malgré la surprenante dégringolade du prix du baril de pétrole, figure désormais emblématique de l’économie canadienne, le marché du TSX a tout de même livré en 2014 un rendement de 10,55 %, dont 3 % en dividende, après avoir enregistré une intéressante performance de 12,99 % en 2013.

Pendant ce temps, chez nos voisins du Sud, l’indice phare S&P 500 livrait 13,69 % aux Américains et un généreux 24,0 % à nos concitoyens canadiens favorisés par l’effet de devise. L’année 2013 a été encore plus faste, avec un résultat de 32,39 % pour un Américain et 41,53 % après conversion pour un Canadien.

Les marchés européens, quant à eux, nous ont livré une performance plus modeste de 4,18 % en 2014, après une année extraordinaire de 31,81 % en 2013.

La grande surprise de 2014 vient du marché obligataire. En effet, la tendance à la baisse des taux d’intérêt s’est poursuivie cette année-là, ce qui a permis à ce marché de livrer une très bonne performance de 8,79 %. Il ne faut pas oublier cependant que l’année 2013 avait été négative sur ce plan, avec -1,19 %.

Ainsi, un portefeuille équilibré composé à 50 % d’obligations canadiennes d’une durée moyenne de 7 ans, 25 % d’actions canadiennes, 15 % d’actions américaines et 10 % d’actions européennes (EAEO) aurait dû réaliser un rendement de 11,06 % en 2014 après une année 2013 à 12,06 %. Quand on pense que certains épargnants optent plutôt pour, je cite, « la sécurité d’un compte de placement garanti bancaire »… Si l’on prend ces propos au pied de la lettre, on peut aisément conclure que le coût de cette « garantie » avoisine les 10 % par an depuis 2 ans!

Que risque-t-il de nous arriver après ces deux années d’anthologie ? Comme mentionné plus haut, nous avons vu passablement fléchir le prix du baril de pétrole au cours des derniers mois à cause d’un surplus d’offre, bien que la demande continue de croître à un rythme constant. Nous pensons qu’il atteindra un plancher sous peu pour se situer au prix de 60 $ à la fin de l’année 2015.

Comme les taux d’intérêt pourraient augmenter légèrement en 2015, il faudrait prévoir un recul de 1,0 % du marché obligataire. Un portefeuille obligataire de courte durée serait ainsi préférable dans le but de réduire ce recul, voire l’éviter. De plus, la sous-pondération de cette catégorie serait aussi souhaitable dans une politique de placement équilibrée.

L’indice phare canadien devrait s’apprécier de 4,5 % pour livrer un rendement total de près de 7,5 %. On ne prévoit qu’une très légère appréciation pour l’indice phare américain, mais un rendement majoré de son dividende qui devrait atteindre près de 4,0 % en dollars canadiens. Enfin, l’espoir est grand concernant les marchés européens, avec un potentiel de rendement de près de 19 % en dollars canadiens.

En combinant toutes ces catégories selon les cibles de notre politique de placement équilibrée, sans modifier la stratégie de répartition des actifs, on obtient une espérance de rendement de 3,9 % dans le cas où nos prévisions s’avéreraient exactes. Rendement bien inférieur à ceux perçus au cours des deux années précédentes…

Ces données ne sont hélas que des hypothèses établies à partir de quelques indicateurs avancés. Il est souhaitable pour l’épargnant que les marchés nous révèlent leurs petites surprises respectives en cours d’année, car plusieurs d’entre eux devront mettre en place leurs propres mesures d’austérité budgétaire…

• Ce texte est paru dans l’édition de mars 2015 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
• Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web.

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