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Plaidoyer en faveur d’une banque postale

8 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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postes-canada_camion_425Alors que le gouvernement doit procéder à un examen approfondi de Postes Canada, les syndicats avancent que la création d’une banque postale permettrait de générer les revenus dont l’institution manque cruellement.

« Imaginez une banque qui ne vous facture pas trois pièces pour en retirer vingt. Imaginez une banque de quartier qui a plus de succursales au pays que toutes les autres banques réunies. Imaginez une banque qui investit dans votre communauté plutôt que d’écrire des gros chèques à ses dirigeants. Maintenant, arrêtez de rêver, cette banque-là existe, c’est la banque postale. »

C’est en tout cas le message que les syndicats des travailleurs des postes du Canada veulent faire passer auprès du public et du gouvernement en lançant cette semaine, sur les médias sociaux, une campagne destinée à convaincre du bien-fondé d’établir des services bancaires dans tous les bureaux de poste du Canada.

« Une banque postale serait une option de rechange aux prêteurs sur salaire et elle offrirait des services financiers de base aux millions de personnes qui, actuellement, n’ont pas accès aux services des grandes banques canadiennes », explique Mike Palecek, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).

Ces laissés-pour-compte du système bancaire sont, entre autres, des résidents de régions rurales, des populations autochtones, des familles à faible revenu et des travailleurs migrants ou en situation de précarité, qui doivent payer des frais exorbitants pour encaisser leurs chèques et envoyer des fonds à l’étranger.

UN SERVICE RENTABLE

« Le gouvernement libéral doit réfléchir à ce qu’un service postal digne du 21e siècle peut accomplir pour nous tous, affirme Brenda McAuley, présidente nationale de l’Association canadiennes des maîtres de poste et adjoints (ACMPA). En milieu rural, il est difficile d’avoir accès à une banque, alors qu’on trouve des bureaux de poste partout. »

Accessibilité donc, mais aussi rentabilité. À l’heure actuelle, plus de soixante pays possèdent une banque postale. Le modèle utilisé diffère d’un pays à l’autre. Par exemple, dans certains pays, il s’agit d’un partenariat avec une grande banque commerciale, alors que dans d’autres, la banque postale est une entreprise publique à part entière. Mais malgré leurs différences, les banques postales ont toutes une chose en commun : elles élargissent la base de revenus du service postal. Certaines banques postales connaissent un succès phénoménal. C’est notamment le cas de la Banque Postale, en France, et de la Kiwibank, en Nouvelle‑Zélande.

« Il n’a fallu que trois ans à la Kiwibank pour atteindre le seuil de la rentabilité, et elle a récemment dépassé le cap des 100 M$ de profits, rapporte Mike Palecek. En France, la Banque Postale offre du financement en matière de logement social, et ses clients ne paient aucuns frais de guichet automatique. Il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas faire la même chose au Canada. »

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