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Portefeuilles canadiens : restez défensif, dit Partenaires Financiers Richardson

28 novembre 2007 | Commenter

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« Tout au long de 2007, nous avons conservé une vue prudente dans nos portefeuilles canadiens. Nous poursuivons dans cette direction. C’est pourquoi nous recommandons une pondération de 55 % en actions, 30 % en titres à revenu fixe et 15 % en espèces. »

Directeur des services aux particuliers à la firme Partenaires Financiers Richardson, Andy MacLean justifie l’orientation défensive de ce portefeuille type par le fait que les marchés mondiaux sont plus incertains que jamais. En entrevue à Conseiller.ca, il explique que les parquets boursiers mondiaux ont connu une nouvelle vague de ventes en novembre. « Les investisseurs commencent à voir les effets de contagion de la crise des hypothèques à risque et la persistance des perturbations du marché immobilier américain », dit-il. Alors que septembre avait assez bien tourné du point de vue du rendement, octobre et plus particulièrement novembre ont été plutôt volatils, avec un tendance marquée à la baisse.

Si les titres bancaires américains ont été touchés de plein fouet par la crise de liquidités, les actions des banques canadiennes s’en tirent assez bien. L’explication est simple : nos institutions canadiennes sont bien moins exposées que leurs rivales américains aux PCAA et aux autres placements problématiques.

Jusqu’ici, les charges inscrites s’élèvent à un peu plus de 1 milliard de dollars, par rapport à 45 milliards pour les grandes banques américaines, précise-t-il. « Certes, les banques canadiennes ne sont pas complètement à l’abri de ce qui se passe dans le système bancaire mondial. Elles risquent de subir une forte volatilité dans les prochaines semaines, surtout que la fin de leur exercice financier approche. Mais, tout considéré, elles devraient sortir de cette crise en bien meilleure posture que leurs concurrentes. Leur capital subira une dégradation modérée seulement », souligne Andy MacLean.

Malgré ces nouvelles positives pour le Canada, il n’en demeure pas moins que la fragilité de l’économie américaine incite à la prudence. Le resserrement des conditions de crédit chez nos voisins du Sud pourrait faire ralentir la croissance de leur PIB. En effet, nous assistons à un curieux paradoxe. Afin de donner un coup de barre à l’économie américaine, la Réserve fédérale se fait accommodante en matière de taux d’intérêt. Andy MacLean prévoit même une autre baisse des taux à la réunion du FOMC, le 11 décembre prochain. Cependant, les conditions d’emprunt sont plus restrictives, et ce, tant pour les entreprises que pour les consommateurs. « Or, quand les banques prêtent moins, l’effet surmultiplicateur dans l’économie ne se réalise pas. La prise de risque baisse radicalement. Un nombre croissant d’investisseurs restent sur la touche, et les opérations audacieuses diminuent », constate Andy MacLean.

Heureusement, la forte dépréciation du dollar américain a agi comme un baume sur l’économie américaine. Même si le commerce international représente une proportion relativement faible de l’économie des États-Unis, la faiblesse du billet vert a stimulé les exportations, qui ont compensé la faiblesse de l’économie intérieure. « Environ un tiers de la croissance de 3,9 % au 3e trimestre est attribuable au secteur international. En Bourse, cela se reflète surtout dans le secteur technologique, où une grande partie de la demande provient toujours de l’Asie », note l’expert. En même temps, les actifs aux États-Unis deviennent abordables, ce qui permet aux investisseurs étrangers d’en acquérir à prix d’aubaine.

La faiblesse du dollar américain continuera d’exacerber la demande pour les matières premières et les métaux de base, puisque ceux-ci sont négociés en dollars américains sur les marchés mondiaux. Il est donc possible qu’on assiste à une diminution des prix. Cela n’affectera-t-il pas la valeur boursière des entreprises canadiennes fortement tributaires du secteur des ressources naturelles? Andy MacLean ne le croit pas. D’une part, la baisse des prix sera légère, sauf en ce qui concerne l’or. Le métal jaune, rappelle-t-il, évolue différemment des autres métaux parce que les investisseurs l’utilisent comme refuge contre l’inflation. D’autre part, les pays du BRIC(Brésil, Russie, Inde et Chine)continueront vraisemblablement de consommer de formidables quantités de métaux de base et de matières premières, car leur démarche d’industrialisation est un processus qui ne peut être arrêté rapidement.

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