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Économie

Pourquoi avoir raison ne garantit pas un profit

27 juillet 2012 | Cimon Plante | Commenter

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J’ai récemment trouvé fort intéressant un commentaire rédigé par le président de la société d’investissement EdgePoint. Celui-ci a rencontré un ingénieur, lors d’un vol en provenance de New York. Cet ingénieur lui a posé une question bien pertinente. Il désirait savoir pour quelle raison il perdait de l’argent en Bourse, même lorsqu’il prédisait avec exactitude le dénouement d’une certaine situation.

Bien des investisseurs ont la conviction qu’ils seront récompensés financièrement s’ils peuvent anticiper un événement donné. Cependant, le passé nous en convainc autrement.

Le profit d’un investissement n’est pas proportionnel à notre capacité à anticiper l’avenir. Le gain futur varie selon le prix que l’on paie pour un titre lors de l’achat. Bien souvent, le facteur que nous anticipons pour une situation est déjà reflété dans un titre, surtout si tout le monde s’attend au même résultat.

Payer trop cher pour un investissement populaire est le meilleur moyen de perdre de l’argent. Vous en trouverez trois exemples concrets provenant de la note aux investisseurs d’EdgePoint :

1. Internet
Vers la fin des années 1990, l’Internet semblait ouvrir de nouveaux horizons à la productivité des travailleurs et offrait un nombre infini d’occasions d’investissement. Le nombre d’émissions de nouvelles sociétés portées en Bourse était grand. Tout nom de société se terminant par « .com » avait la cote. Pendant un certain temps, la conviction des investisseurs était renforcée par les résultats positifs des sociétés dans ce secteur. Cependant, ces investisseurs ne semblaient pas porter attention aux prix payés pour ces sociétés, qui se transigeaient à des valeurs mirobolantes.

L’indice NASDAQ (principal marché de sociétés technologiques) a atteint son sommet en mars 2000, à 5048 points. Aujourd’hui, ce même indice est autour de 2900 points. Donc, le NASDAQ est toujours plus bas de 40 % depuis son sommet.

Les investisseurs avaient raison à propos de l’Internet, mais ils ont quand même perdu de l’argent.

2. Pétrole
Depuis les années 1980, les investisseurs ont spéculé quant aux limites des réserves de pétrole disponible sur la planète. Selon les projections de consommation, nous allons finir par faire face à un manque de pétrole. En tenant compte de l’inflation, ceux qui ont investi dans le pétrole à cette époque n’ont pas encore récupéré leur mise de fonds.

De plus, au cours des dernières années, la consommation de pétrole par les Chinois a fortement augmenté. L’un des facteurs soutenant cet argument est le pronostic d’achat de voitures par les Chinois et de ses impacts sur les réserves de pétrole. Cependant, depuis la diffusion massive de cet argument, le prix du pétrole est en baisse.

Les investisseurs avaient raison à propos de l’épuisement des réserves de pétrole, mais ils ont tout de même perdu de l’argent.

3. Marchés émergents
Les investisseurs savent que les marchés émergents affichent une croissance plus rapide que celle des marchés développés. Depuis le creux des marchés lors de la crise financière, l’économie de la Chine s’est accrue de près de 30 %, contre une croissance de 4 % pour les États-Unis. Cependant, pour la même période, l’indice composite de Shanghai est en baisse de 1,50 %. Parallèlement, l’un des principaux indices du marché américain, le S&P 500, est en hausse de 111 %.

Les investisseurs avaient raison d’affirmer que la Chine aurait une croissance économique bien plus forte que celle des États-Unis, mais ils ont quand même perdu de l’argent. Que peut-on conclure de ces exemples?

Ce n’est pas parce que l’on prédit efficacement un événement que l’on va systématiquement amasser de l’argent. Surtout lorsque tout le monde partage la même opinion que nous.

Pour récolter de l’argent, on doit trouver une idée d’investissement où notre opinion n’ira pas de pair avec la majorité. C’est lorsqu’on a une opinion différente que la valeur de notre idée n’est pas entièrement reflétée dans le prix de l’investissement que l’on veut acquérir. C’est à ce moment que l’on paie un prix plus bas, que l’on fait une aubaine.

En conclusion, vous pouvez croire, comme la majorité des investisseurs, que l’état actuel de l’économie mondiale tournera au ralenti pendant plusieurs années à venir : nous sommes dans une crise du crédit à l’échelle planétaire. Le désengorgement de la dette chez les particuliers, les banques et les États prendra du temps. Les perspectives économiques à l’échelle mondiale sont des plus négatives. Bien des investisseurs ont cette vision de l’avenir et ils ont probablement raison, mais, par le fait même, ils perdront de
l’argent.

Au cours des prochaines années, beaucoup opteront pour l’achat d’obligations d’États ou de certificats de placement garantis. Adopter une telle stratégie vous amènera à patienter avec ces types de placement, jusqu’à ce que la situation s’améliore. Si cela ressemble à votre tactique d’investissement, vos résultats pourraient ressembler à ceux décrits dans les exemples ci-dessus.

Investir dans les actions en ce moment est loin d’être une stratégie adoptée par la majorité. C’est pourquoi on peut trouver des sociétés qui continueront de prospérer malgré la léthargie économique mondiale, tout en payant un prix fort raisonnable pour les acquérir. N’hésitez pas à communiquer avec nous afin de connaître l’identité de telles sociétés.

J’ai rédigé le présent commentaire afin de vous donner mon avis sur différentes solutions et considérations en matière d’investissement susceptibles d’être pertinentes pour votre portefeuille de placements. Ce commentaire reflète uniquement mes opinions et peut ne pas refléter celles de Banque Nationale Groupe financier. En exprimant ces opinions, je m’efforce d’appliquer au mieux mon jugement et mon expérience professionnelle du point de vue d’une personne appelée à suivre un vaste éventail de placements. Par conséquent, le présent rapport représente mon opinion éclairée et non une analyse de recherche produite par le Service de recherche de la Financière Banque Nationale

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