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Pourquoi les investisseurs sont-ils aussi créatifs pour faire des prévisions rapides ?

9 avril 2010 | William André Nadeau | Commenter

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profit_recordLa formation du cerveau humain depuis 11 000 ans a facilité la création de scénarios trop rapides : une forme de paresse intellectuelle, écrit William André Nadeau, gestionnaire de portefeuille et fondateur du cabinet Orientation Finance.

Les investisseurs se bâtissent des schémas rapides de prévisions sur la base de quelques donnés récentes. Il ne suffit que de quelques prévisions exactes dans les médias de la part d’un commentateur connu pour que les propos paraissent crédibles. La plupart des investisseurs ne vérifient pas le fondement de ces prévisions. Les investisseurs sont fondamentalement influencés par les médias et les gourous et risquent de devenir des investisseurs au « comportement moutonnier ».

Les raisons
Il y a trop d’informations à interpréter dans les marchés financiers et elles sont complexes. L’investisseur a tendance à se bâtir un scénario de prévisions, en se basant sur des titres dans les médias sur l’ensemble des marchés à partir de quelques informations qu’ils ont jugées comme valides.

Voici comment le cerveau est programmé pour la création des scénarios rapides :

Les investisseurs sautent directement aux conclusions (1). La paresse intellectuelle l’emporte. Deux conclusions positives sur 3 de votre analyse vous fait interpréter la 3e comme étant positive. Si la 3e est négative, toute l’analyse est alors changée.

Ce processus se déroule de façon inconsciente (1). Même si votre volonté est d’analyser de façon rationnelle votre décision, le subconscient vous guide plutôt selon votre intuition.

Ces réactions sont automatiques (1). Le cerveau refuse le hasard l’humain et préfère une certitude quitte à inventer un scénario.

Ces réactions sont incontrôlables (1). La seule façon le lutter contre ce défaut de programmation du cerveau est de le comprendre et d’utiliser des mesures pour prendre des décisions de placement différentes.

Exemple
Les Bourses chutent pendant quelques jours. Votre commentateur préféré annonce qu’une vague de faillites pourrait être déclenchée à court terme. Vous réagissez et vendez vos actions. La semaine suivante des déclarations contraires sont annoncées, les cours reprennent. Malheureusement, vous n’êtes plus sur le marché.

La gestion tendancielle que nous préconisons demande plus de rigueur, plus de temps et une série successive d’informations pour qu’un scénario soit crédible. Malheureusement trop d’investisseurs se laissent emporter par le vent.

(1)Jason Zweig, Gagner en Bourse grâce à la neuroéconomie. 2008

Le contenu de cette chronique a été gracieusement fourni par le cabinet Orientation Finance.

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