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Pratiques douteuses : toutes les grandes banques touchées

17 mars 2017 | La rédaction | Commenter

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stress_decouragement_surcharge_425À la suite de la diffusion du reportage dénonçant les tactiques de vente douteuses de la Banque TD, CBC a reçu un millier de courriels de la part d’employés des cinq grandes banques canadiennes. « Nous devons tous faire ça », affirment-ils.

L’émission Go Public, à l’origine des révélations sur les pratiques peu éthiques, voire illégales, que la Banque TD exige de ses conseillers, est revenue hier sur ce dossier. La journaliste indique avoir reçu près de mille courriels de la part d’employés de la Banque Royale, de la Banque de Montréal, de la Banque CIBC, de la Banque TD et de la Banque Scotia, qui décrivent les pressions qu’ils subissent pour atteindre leurs cibles.

Ils racontent en outre comment ils sont poussés à vendre des produits et des services financiers même si les clients n’en ont pas besoin, à les tromper et même à leur mentir pour arriver à atteindre leurs cibles de vente et à garder leurs emplois. Tout cela sous couvert d’anonymat, car ces derniers craignent pour leurs emplois.

Un conseiller de la Banque Scotia écrit devoir atteindre ses cibles, peu importe la méthode. Une employée de la Banque Royale de Thunder Bay, en Ontario, indique devoir proposer une meilleure carte de crédit Visa, augmenter une limite de carte de crédit ou faire ouvrir une ligne de crédit même lorsque les clients n’en ont pas besoin. Résultat : c’est l’endettement des clients qui explose.

Un employé de CIBC raconte quant à lui devoir vendre de manière persuasive des produits, spécialement Visa, pour atteindre ses cibles, et ce, peu importe si ça nuit aux clients.

Autre exemple parmi d’autres, un ancien planificateur financier à la Banque de Montréal relate avoir quitté son emploi à Calgary après avoir été pris d’une crise d’angoisse dans le bureau de sa directrice. Celle-ci menaçait de nuire à sa carrière dans le domaine bancaire, prétend-il, parce qu’il n’avait pas atteint les objectifs de vente. Il soutient également avoir reçu l’ordre de ne pas dire à ses clients qui voulaient investir 40 000 $ que les marchés étaient en baisse, parce que placer leur argent dans un certificat de placement garanti ne profiterait pas autant à la succursale.

SILENCE DES BANQUES

Les langues semblent donc se délier à la suite des premières révélations de Go Public sur la pression qui pèse sur les épaules des employés de la Banque TD, révélations survenues en début de semaine dernière. L’émission d’enquête relatait que, pour obtenir des points dans des programmes d’objectifs de vente et pour éviter de perdre leur emploi, les employés posaient des gestes allant souvent à l’encontre des besoins de leurs clients, parfois même sans leur accord.

Ces révélations ont fait baisser l’action de la Banque TD à la Bourse de Toronto. Celle-ci a en effet abandonné 3,88 $, ou 5,5 %, pour terminer à 66 $ vendredi dernier. Elle est aujourd’hui à 66,40 $, contre environ 70 $ avant le scandale.

Dans un communiqué publié hier, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) s’est dite « préoccupée » par « des allégations récentes concernant la vente de produits et de services à des consommateurs par des institutions financières qui n’avaient pas obtenu leur consentement préalable ». Elle lancera le mois prochain un examen des pratiques commerciales dans le secteur des services financiers sous réglementation fédérale.

Quant aux PDG des cinq grandes banques mises en cause par Go Public, ils ont tous refusé de donner des entrevues. Tout juste ont-ils affirmé par voie de communiqué agir dans l’intérêt de leurs clients et exiger que leurs employés agissent selon les codes de conduite.

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