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Table ronde − première partie
Jamais sans mes commissions!

15 octobre 2013 | Ronald McKenzie | Commenter

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Les ACVM mettent l’accent sur les commissions de suivi qui seraient opaques et incomprises, donc préjudiciables aux épargnants. N’est-ce pas le cas?

Daniel Bissonnette : Non. Ces commissions servent à payer énormément de choses : nos infrastructures, nos sites Internet, les secrétaires, les adjoints, tout ce qui est nécessaire pour faire rouler une équipe. Ça, mes clients le savent. Quand ils me demandent comment je suis payé, je leur réponds : « À l’actif sous gestion. Plus tu fais d’argent, plus j’en fais aussi. Si au contraire tu n’en fais pas, je n’en fais pas aussi. »

Flavio Vani : Lors d’une consultation de l’Autorité des marchés financiers, j’ai expliqué comment sont structurés nos coûts et pourquoi il fallait rejeter le principe de la négociation, client par client, des commissions de suivi.

En effet, si on doit signer à chaque fois un contrat de commissions de suivi, un client pourrait se plaindre à la compagnie de fonds ou à mon courtier en disant : « Flavio Vani ne m’a pas donné tel service, je veux que vous lui enleviez toutes les commissions que j’ai payées. » Je devrai alors avoir un abonnement avec un avocat, car je serai continuellement en Cour!

Et de quoi parle-t-on au juste, avec les commissions de suivi? Elles s’élèvent à 1 % pour les fonds d’actions et les fonds équilibrés. Dans le cas des fonds d’obligations et à revenu fixe, c’est plus bas. Et encore, ce 1 % n’est pas net dans mes poches : je dois le partager avec mon courtier.

Par ménage que je sers, j’estime que ça me prend 1 538 $ en commissions de suivi pour payer mes frais d’exploitation. Donc, à 1 %, chacun de ces ménages devrait avoir 153 846 $ en actifs sous gestion, en présumant qu’ils n’ont que des fonds d’action ou des fonds équilibrés. Mais combien vaut un portefeuille moyen au Québec? Certainement pas 150 000 $. C’est plutôt 35 000 $ ou 40 000 $.

Guy Duhaime * : En effet, si on enlève les commissions de suivi, vous pouvez dire adieu au service. Nous avons des milliers de contrats en assurance qui ne payent aucune rémunération. Personne ne veut s’en occuper. Il faut faire le service directement de notre cabinet en espérant que, peut-être, nous réaliserons une vente de temps en temps.

Les consommateurs vont y perdre, c’est sûr. Ils n’accepteront jamais de recevoir des factures pour chaque intervention. Alors, ils feront comme certaines personnes qui ne consultent leur dentiste que quand leurs dents tombent!

Luc Larose : Si on veut revoir le mode de rétribution des conseillers, incluant les commissions, il faudrait tout mettre sur la table. Les grandes institutions financières aussi devraient faire partie du lot et divulguer le mode de rémunération de leurs employés, leurs quotas, leurs bonis, etc., car tout ceci est caché.

Jean-Benoît Laurin : En outre, le mode de rémunération devrait être le même pour toute l’industrie des services financiers. Il devrait également être divulgué de la même façon, qu’on soit indépendant ou employé d’une institution financière. Ça prend un poids, une mesure, pour que la transparence soit parfaite de tous les côtés. Or, on est très loin de ça aujourd’hui.

Par ailleurs, la problématique des commissions ne touche, pour le moment, que les gens qui distribuent des fonds communs. En assurance, aucun changement ne semble prévu. Je crois que cela peut créer un déséquilibre, car les conseillers qui vendent des fonds distincts, qui sont essentiellement la même chose que des fonds communs, pourront toucher des commissions, alors que leurs voisins ne le pourront pas.

 Luc Larose : D’où la nécessité de tout mettre sur la table.

>>>>> Deuxième partie :  Les honoraires, au détriment des clients

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Nos participants

  • Daniel Bissonnette, chef de la conformité, Services financiers Planifax.
  • Guy Duhaime*, président, Groupe Financier Multi Courtage.
  • Luc Larose, MBA et planificateur financier, Lafond Services financiers.
  • Jean-Benoît Laurin, directeur adjoint, Agence Labelle, SFL Placements.
  • Marco Madon, président, Services Financiers Marco Madon.
  • Michel Mailloux, propriétaire, Mayhews & associés.
  • Flavio Vani, président, Assurance et Produits Financiers Vani.
  • Gaétan Veillette, B.A.A., Fellow Administrateur agréé et planificateur financier, Groupe Investors.
  • Robert Viau, conseiller en épargne collective, InfoPrimes.
* Guy Duhaime a dû s’absenter à la dernière minute. Cependant, il nous a fait parvenir un texte qui répondait aux questions soumises aux participants. Ses interventions sont extraites de ce document.



 

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