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Table ronde − première partie
Jamais sans mes commissions!

15 octobre 2013 | Ronald McKenzie | Commenter

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Dans le secteur des fonds communs, le public reste partagé vis-à-vis de la rémunération intégrée qui inclut le paiement de commissions. En fait foi un récent sondage de l’Institut des fonds d’investissement du Canada.

De leur côté, les ACVM croient que, dans sa forme actuelle, ce mode de rémunération soulève des questions « d’équité et de protection des investisseurs ». Les commissions de suivi, notamment, pourraient « entraîner des conflits d’intérêts réels ou apparents », soulignent les ACVM, qui s’interrogent même sur la pertinence de les prohiber.

Dans l’hypothèse où, effectivement, les régulateurs feraient disparaître ce moyen de rétribution, les solutions de rechange régleraient-elles le problème des conflits d’intérêts? Nos participants ont abondamment discuté de ces questions.


Nos participants

  • Daniel Bissonnette, chef de la conformité, Services financiers Planifax.
  • Guy Duhaime*, président, Groupe Financier Multi Courtage.
  • Luc Larose, MBA et planificateur financier, Lafond Services financiers.
  • Jean-Benoît Laurin, directeur adjoint, Agence Labelle, SFL Placements.
  • Marco Madon, président, Services Financiers Marco Madon.
  • Michel Mailloux, propriétaire, Mayhews & associés.
  • Flavio Vani, président, Assurance et Produits Financiers Vani.
  • Gaétan Veillette, B.A.A., Fellow Administrateur agréé et planificateur financier, Groupe Investors.
  • Robert Viau, conseiller en épargne collective, InfoPrimes.
* Guy Duhaime a dû s’absenter à la dernière minute. Cependant, il nous a fait parvenir un texte qui répondait aux questions soumises aux participants. Ses interventions sont extraites de ce document.



 
Une perception largement répandue veut que la rémunération par commissions favorise les conflits d’intérêts. Qu’en pensez-vous?

Robert Viau : Il existe un potentiel de conflit d’intérêts. On peut faire de mauvaises transactions ou encore des transactions à répétition dans le seul but de se générer des commissions. Des pommes pourries dans l’industrie, il y en a. Mais, règle générale, les conseillers suivent leur code [de déontologie] et placent les intérêts de leurs clients devant tout. Certes, il y a peut-être des règles à clarifier, mais je ne perçois pas le besoin de changer ou d’éliminer la rémunération par commission.

Gaétan Veillette : D’emblée, le terme « commission » soulève des préjugés. Il crée des réactions qui traduisent une méconnaissance de notre pratique. Si l’industrie des services financiers a pu croître, c’est notamment par le système de rémunération variable proportionnelle aux résultats obtenus.

J’abonde dans le sens de Robert Viau : ça demeure une question de conscience professionnelle. Si on a à cœur le meilleur intérêt de nos clients, on oublie notre mode de rétribution et on se consacre à l’atteinte de résultats. Si c’est bon pour les clients, ça l’est également pour les conseillers et leur cabinet.

Guy Duhaime * : Je ne crois pas que les commissions sur les placements soient problématiques. Depuis le rapport Stromberg, les compagnies sont sujettes à une réglementation qui assure que les différents fournisseurs doivent payer à peu près la même rémunération. Avec les assureurs, c’est différent, car l’offre n’est pas assujettie à cette réglementation. C’est bien dommage.

Les commissions présentent des avantages. Par exemple, si les consommateurs sont au courant que tous les joueurs sont sur le même pied, ils ne se sentiront pas lésés. Ceux qui savent que les ratios de frais de gestion comprennent des frais de courtage et de gestion, ainsi que des commissions, trouvent assez rarement que cela leur coûte trop cher. Et pour nous, c’est beaucoup plus facile, car les clients ne reçoivent pas de facture et d’autres frais connexes.

Le côté négatif des commissions est que nous pouvons travailler sans jamais toucher de rémunération.

Luc Larose : On fait croire aux clients qu’ils ne paient rien lorsqu’ils font affaire avec des conseillers salariés [des institutions financières]. C’est faux. Les salaires viennent de quelque part. Si les grandes organisations en versent, c’est parce qu’il y a une production à l’interne. Ce sont tous des vases communicants.

Nous sommes désormais tenus de remettre aux clients les fiches descriptives des fonds. Les lisent-ils? Non! Pourtant, quand je leur décris moi-même les coûts et ma rémunération, ils n’optent généralement pas pour les produits les moins chers. Pourquoi? Parce que, quand ils notent tout ce qu’ils obtiennent, ils se rendent compte que les aspects monétaires ne sont qu’un des éléments qui doivent être considérés. Alors là, ils sont prêts à payer davantage, car ils savent qu’ils vont avoir, de façon globale, un bien meilleur service.

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Pour voir notre diaporama de la table ronde, cliquez ici.

À suivre demain : Les honoraires, au détriment des clients

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