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Prescription pour « réduire la douleur » : les obligations

29 novembre 2010 | Nicolas Ritoux | Commenter

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Daniel Dupont, gestionnaire de portefeuille à Fidelity Investments

Daniel Dupont, gestionnaire de portefeuille à Fidelity Investments

Le message de Fidelity Investments pour 2011 : soignez votre défense avec la protection offerte par les obligations et des dividendes des sociétés canadiennes.

« En période d’incertitude, les titres à revenu fixe sont un excellent stabilisateur de portefeuille, même en période de hausse des taux d’intérêt. Ils sont beaucoup moins volatils. Ils sont très ennuyeux, et c’est ça qu’on aime dans le monde des revenus fixes. »

Tel était le message de Gene Morrison, gestionnaire de portefeuille au sein de Fidelity, lors du dîner-conférence organisé récemment par la société de fonds communs de placement à Montréal.

« Les entreprises canadiennes ont renoué avec les profits, a-t-il assuré. Elles ne sont pas revenus à leur pic pré-récession, mais elles vont dans la bonne direction. En 2010 elles ont augmenté leurs profits de 20 %, et on espère 14 % l’année prochaine. »

« En fait, 70 % des rapports annuels publiés au troisième trimestre ont affiché des bilans positifs, et la plupart montrent un bon rapport dette/capital. En outre, les taux de défauts sont remarquablement bas, contrairement aux entreprises américaines. »

Les obligations de société canadiennes sont donc un bon choix si vos clients cherchent à préserver leur capital, selon M. Morrison. Elles sont en outre soumises à un mécanisme de sécurité supplémentaire par le jeu des cotes AAA et BBB (la première offre plus de protection, la deuxième plus de rendement).

Miser sur le bon dividende
Pour son collègue Daniel Dupont, qui a dit être heureux de donner une conférence dans sa propre ville plutôt qu’à Boston, ce sont les dividendes qu’il faut recommander aux clients qui réclament un revenu en cette période de faibles taux d’intérêt.

Mais pas n’importe quels dividendes : « Les dividendes de sociétés canadiennes ont un potentiel élevé, à condition de reconnaître les compagnies qui seront capables d’augmenter leurs dividendes tout en couvrant l’inflation », dit-il.

Une chose est sûre, les entreprises à dividendes performent mieux que celles qui n’en payent pas, selon M. Dupont, qui a présenté un rappel historique des 25 dernières années. Les entreprises offrant des dividendes ont crû de 10 %, contre 2 % pour les entreprises sans dividendes, et 6 % pour l’indice S&P/TSX.

« On ne peut jamais avoir plus de 60 % de certitude que quelque chose va se passer, a-t-il prévenu. Il y a trop de facteurs à prendre en compte : les taux d’intérêt, l’inflation, la croissance des États-Unis et de la Chine, la valeur de l’immobilier… Au lieu de passer des heures à les évaluer, on devrait structurer nos fonds de façon à être bien positionnés quoiqu’il arrive, et investir dans des entreprises qui ne sont pas influencées par ces facteurs, comme les compagnies d’assurance-vie. »

« Notre but n’est pas de battre la Bourse, mais de protéger le capital en premier lieu, a rappelé Daniel Dupont. Il s’agit d’investir dans des compagnies dont le modèle d’affaires va les soutenir pendant longtemps, qui sont capables d’offrir des revenus de 10 à 12 % par année. Ce n’est pas ce que je promets, mais c’est ce que j’essaie d’accomplir à long terme. Le but premier, c’est la protection du capital. »

Une reprise timide, selon les pays
Plus tôt en ouverture de la conférence, le directeur de placements Alan Wilkinson est venu de Boston pour établir ce que Fidelity entend par « incertitude ».

Avec moult illustrations et références, l’éloquent Britannique a livré un portrait révélateur de la situation macroéconomique actuelle.

« Nous vivons une reprise mondiale inégale. Les économies japonaise, allemande et américaine n’ont pas encore repris. Le Canada est revenu quasiment à son niveau précédent, et le Brésil et la Corée du Sud ont non seulement repris mais excédé leurs niveaux précédents. C’est peut-être là que la croissance va survenir dans la prochaine génération », a prédit M. Wilkinson.

« La reprise économique est deux fois plus lente que la reprise d’une récession normale. Vos clients ne doivent pas s’attendre à reprendre leurs positions précédentes du jour au lendemain », a-t-il prévenu.

Alan Wilkinson a ensuite échafaudé la thèse voulant que les États-Unis sont devenus le Japon d’antan. Selon lui, alors que le Japon a connu une « décennie perdue » avec un cadre réglementaire hésitant et une population en fort vieillissement qui tend à économiser, le caractère notoirement dépensier des Américains va les aider à reprendre plus vite.

M. Wilkinson attire aussi notre attention sur les marchés émergents, où la production économique a doublé en 20 ans – « une courte période de temps en termes économiques ». La capitalisation boursière a simultanément sextuplé; « elle ne va pas se multiplier encore par six, mais ça va être très bon. C’est difficile à vendre à vos clients, mais c’est là que ça se passe. »

Un peu de psychologie : une perte semble souvent deux fois plus grosse qu’un gain de valeur égale, selon M. Wilkinson qui citait le chercheur Amos Tversky de l’Université Stanford.

« C’est donc normal de revenir aux titres de qualité supérieure. Il faut prioriser la réduction de la douleur. Et pour cela, les obligations ou autres solutions de revenu s’imposent. »


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