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Prêts hypothécaires : les pratiques des banques contestées

31 août 2015 | La Presse Canadienne | Commenter

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Les banques canadiennes ont dû défendre la semaine dernière leurs pratiques de vérification en ce qui a trait aux prêts hypothécaires dans la foulée d’allégations de fraude ayant incité un prêteur à se séparer de dizaines de courtiers.

De nombreux courtiers hypothécaires plaident pour un resserrement des règles depuis que le prêteur Home Capital a décidé le mois dernier de suspendre 45 courtiers à qui l’on reproche d’avoir modifié le revenu de certains clients lors de demandes d’emprunt.

Certains d’entre eux suggèrent que ce stratagème est bien plus répandu que ce qui a été observé chez Home Capital.

DES PROCESSUS SATISFAISANTS

Toutefois, les dirigeants de la Banque de Montréal, la Banque Royale du Canada et la Banque TD ont défendu leurs pratiques lorsqu’ils ont été interrogés par les analystes, cette semaine, à l’occasion de conférences téléphoniques concernant leurs résultats du troisième trimestre.

Le chef de la gestion du risque à la Banque TD, Mark Chauvin, affirme que l’institution contacte notamment les employeurs des demandeurs pour confirmer leurs revenus en plus d’avoir recours à plusieurs autres façons de déterminer la rémunération annuelle de ces derniers.

« La vérification des revenus et des versements automatiques est au centre du processus, a-t-il dit. Nous sommes satisfaits des résultats que nous avons. »

À la Banque de Montréal, le chef de la gestion du risque, Surjit Rajpal, a réitéré que les vérifications effectuées par la banque lorsque vient le temps d’analyser une demande d’emprunt hypothécaire étaient « exigeantes » et « rigoureuses ».

Il a ajouté que la BMO se penche encore plus sur les demandes lorsque des allégations de pratiques frauduleuses surviennent.

« Nous avons resserré encore plus le processus (…) et nous n’avons rien vu », a affirmé M. Rajpal, faisant référence aux événements entourant Home Capital.

Pour sa part, la chef de groupe des services aux particuliers et aux entreprises à la RBC, Jennifer Tory, affirme que l’institution financière n’accepte pas les demandes d’emprunt provenant de courtiers externes.

« Nos demandes sont seulement remplies en succursales, a-t-elle dit. À chaque fois, nous effectuons les vérifications entourant le salaire annuel. »

ANALYSES ESSENTIELLES

L’analyste Jim Shanahan, de la firme Edward Jones, affirme qu’il est essentiel pour les banques de bien analyser les demandes de prêts hypothécaires afin de s’assurer qu’elles puissent absorber les effets d’un ralentissement économique ou d’un effondrement du marché immobilier comme celui survenu aux États-Unis lors de la dernière crise financière mondiale.

« Si elles ne vérifient pas suffisamment, les (demandeurs) pourraient mentir, ce qui signifie que les banques pourraient se retrouver avec des prêts dont la qualité ne correspond pas réellement à leurs attentes », a-t-il dit.


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