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Épargne

Prévoir l’imprévisible

21 mai 2013 | Jean-François Venne | Commenter

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C’est bien de gérer ses finances en fonction d’un plan bien établi. Mais qu’arrive-t-il lorsque des événements imprévus viennent bouleverser ces beaux projet?

L’Institut Info-PatrimoineMC de BMO a publié récemment un rapport alarmant, indiquant que six Canadiens sur dix sont très mal préparés financièrement pour affronter un événement tragique. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir un plan financier. Selon la même étude, 64 % en détiennent un, et 80 % s’en montrent très satisfaits. Seulement voilà : peu de gens ont mis ce plan à l’épreuve, pour voir s’il les aiderait à surmonter un passage difficile, lié à un recul majeur des marchés financiers, à une soudaine invalidité, à un divorce ou au décès du conjoint.

Inquiets, mais peu préparés

Selon BMO, les Canadiens s’inquiètent de l’état de leurs finances en cas de coup dur. Les hommes se soucient davantage de leur retraite et des risques associés à la perte d’emploi, alors que les femmes craignent les risques d’invalidité prématurée. Là où ils se rejoignent, c’est dans la conviction qu’une période difficile menacerait leur plan de retraite. « Au moins trois répondants sur quatre ont affirmé qu’une invalidité (84 %), le décès du conjoint (76 %) ou un divorce ou une séparation (75 %) les plongerait dans une situation financière difficile, voire catastrophique », peut-on lire dans le rapport.

Étonnamment, ces inquiétudes n’amènent pas nécessairement les gens à mieux se préparer. Environ la moitié des répondants se disait peu ou par du tout préparée à faire face à une invalidité ou un décès, et dans le cas d’un divorce ou d’une séparation, ce taux grimpait à 70 %. Apparemment, les Canadiens ont une confiance inébranlable dans la solidité de leur couple!

D’autres données viennent souligner cet état d’impréparation. À la fin de 2011, environ 4 % des Canadiens souscrivaient à une assurance en cas de maladie grave, et 40 % avaient une assurance les couvrant en cas d’invalidité de longue durée. Pas rassurant, lorsque l’on sait que Statistique Canada estime que 17,3 % des hommes et 19,3 % des femmes de 45 à 64 ans deviendront invalides avant l’âge de la retraite.

À lire : Quand le divorce coule le patrimoine

Savoir se protéger

Si les Canadiens ne se préparent pas à faire face à certains malheurs, sur quelles ressources financières estiment-ils pouvoir compter? En plus du crédit, des proches, de l’épargne personnelle et des assurances personnelles ou collectives, 54 % font confiance à l’État pour les aider. Toutefois, l’aide publique est limitée. Les prestations pour invalidité du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec sont plafonnées à 1200 dollars par mois, et les versements moyens sont moins élevés.

Pour BMO, ces résultats renforcent la nécessité de promouvoir auprès des Canadiens l’importance de se constituer des fonds d’urgence, notamment en investissant dans des outils comme les CELI, et de souscrire à des assurances invalidité, des assurances de remplacement du revenu ou des assurances pour les soins de longue durée. Ils devraient aussi inciter les gens à mieux prévoir les besoins financiers qu’impliquerait la perte du conjoint, à la suite d’un divorce ou d’un décès.

À lire : Prévoir sa séparation

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