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Quand jouer à la Bourse devient problématique

11 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Une proportion inquiétante d’investisseurs auraient un comportement pathologique. Une enquête menée par des chercheurs de l’Université Laval conclut que 15 % d’entre eux joueraient à la Bourse de façon compulsive.

En cause, les récentes innovations technologiques, qui permettent à quiconque d’acheter et de vendre des produits boursiers par l’entremise d’une plateforme de placement sur Internet. L’étude, la première du genre, démontre que si la plupart des utilisateurs se comportent de manière assez rationnelle, gardant la tête relativement froide durant et en dehors de ce type d’activités, d’autres ont du mal à conserver une saine distance psychologique.

Pour ces derniers, faire des transactions à la Bourse représente une activité émotionnelle qui peut devenir spéculative et conduire à un comportement pathologique, rapporte le journaliste. Faire des transactions en ligne devient alors un jeu de hasard qui comporte les mêmes risques de jeu compulsif que les jeux de hasard classiques, comme le casino ou les billets de loterie.

EMPRUNTER POUR COUVRIR DES PERTES 

En moyenne, les répondants – étudiants de l’Université Laval et investisseurs lambdas ayant répondu à une annonce – effectuent cinq transactions boursières chaque mois, alors que chez les répondants à risque élevé, ce chiffre grimpe à dix.

Seuls 2 % des participants se classent cependant dans ce groupe, 13 % faisant partie du groupe à risque modéré, quand un tiers est à faible risque et la moitié ne présente aucun problème associé à leur activité boursière.

Parmi les comportements excessifs, le rapport d’étude évoque le fait d’emprunter de l’argent pour effectuer une transaction boursière en ligne dans le but de couvrir des pertes.

« Les répondants à risque élevé disent ressentir des sensations fortes lors de leurs activités en Bourse. Ils ressentent des frissons lorsqu’ils achètent des actions, souligne l’un des chercheurs. Or, la seule chose qui devrait créer de l’excitation est la performance, dans son ensemble, de notre portefeuille boursier. »

Ainsi, les investisseurs à risque élevé ont une vision à plus court terme du placement et opèrent des transactions de plus en plus spéculatives, à savoir des achats sur marge et des ventes à découvert, notamment.

BAISSE DE PRODUCTIVITÉ

Qu’ils soient à risque élevé ou modéré, les participants avouent par ailleurs que leur activité boursière peut affecter de manière négative leur concentration et leur productivité au travail ou aux études. Nombreux sont ceux qui consultent les marchés boursiers ou leur portefeuille sur leur lieu de travail ou à l’université. Quelques-uns se réveillent la nuit pour vérifier l’état de leurs placements.

Selon le chercheur, la technologie vient ainsi connecter l’individu à son niveau d’anxiété.

L’un des buts du projet de recherche est d’outiller les psychologues qui reçoivent des patients aux prises avec un problème de jeu relié à la Bourse.

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