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Quatre raisons de ne pas économiser pour la retraite ? : vos réactions

17 décembre 2010 | Commenter

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Vous avez été nombreux à réagir à notre article intitulé Quatre raisons de ne pas économiser pour la retraite ?. Voici des extraits de vos courriels :

« Il y a beaucoup de dogmes dans la planification financière et l’utilisation généralisée du REER comme instrument d’épargne est l’un parmi les plus grands, écrit Jacques Bello, Adm. A., AVC et représentant en épargne collective. La justification ou non de cotiser à REER dépend de la situation propre de chaque cotisant. Il est vrai que cotiser à un REER pour des étudiants ou des personnes à très faible revenu n’est pas nécessairement le moyen le plus efficace de les amener à optimiser leur patrimoine. C’est encore plus vrai pour les personnes âgées qui ont peu d’actif et qui  auront droit au supplément de revenu de pensions du fédéral. »

« Cependant, dans certains cas de familles dites à faible revenu, ce ne sera plus vrai, ajoute le conseiller montréalais. Malheureusement trop souvent, il est coutume de croire que le REER est un abri fiscal qui avantage plus les gens fortunés, fiscalement parlant, que les gens de la classe moyenne ou inférieure à cause de leur taux d’impôt marginal plus élevé. Cette pensée généralisée est ce que j’appelle un dogme.   Ce n’est pas conforme à la réalité. Le RÉER aura une efficacité optimale que pour la classe moyenne et s’avèrera très peu efficace pour les gens très fortunés et complètement destructeur pour les gens pauvres approchant la retraite. Chaque cas est quasi unique. »

« Pour justifier l’utilisation du REER ou non, il faut d’abord regarder le taux d’impôt marginal RÉEL de l’année où la cotisation est faite par rapport au taux marginal d’impôt réel lorsque les retraits seront prévus contrairement au taux marginal généralement utilisé, souligne M. Bello. Qu’est-ce que le taux d’impôt marginal réel ? L’impôt marginal, c’est l’impôt calculé sur nos revenus marginaux en fonction des tables d’impôt, ce que j’appelle l’impôt direct. Maintenant, il existe aussi l’impôt indirect et ceci s’applique à presque 100 % de la population. Qu’est-ce que l’impôt indirect  »

« Pour vous illustrer la différence entre l’impôt direct et l’impôt indirect, je vais prendre le cas le plus radical au Québec : lmaginez une personne monoparentale ayant 2 enfants à sa charge et gagnant un revenu annuel de 30 000 $, illustre-t-il. Cette personne aimerait faire du temps supplémentaire pour l’équivalent de 1 000 $, question de payer une petite gâterie à ses enfants pour Noël. Pour un revenu annuel de 30 000 $ au Québec, son taux marginal d’impôt est de 28,5 %, après l’abattement du Québec. Donc, sur les 1 000 $ additionnels gagnés, il devrait lui rester 715 $. Or il lui reste, tout au plus 5 0$, une fois sa déclaration de revenus remplie pour l’année en question. Pourquoi ? Parce que son revenu a augmenté, son crédit fiscal pour enfant, son remboursement de taxes foncières, ses remboursements de TPS, TVQ, ses crédits pour frais médicaux diminueront, et ses cotisations pour RRQ, FSS, l’assurance parentale et assurance médicaments (RAMQ) augmenteront. Tout ceci ajouté à l’impôt marginal de 28,5 %, donne un beau 95 % du revenu additionnel. Parallèlement, si cette personne cotisait 1 000 $ à son REER, son retour d’impôt total sera de 95 % pour les mêmes raisons, mais à l’opposé. Lors de sa retraite, les revenus demeureront raisonnables et l’imposition sera bien en deçà du taux économisé lors de la cotisation initiale. Donc, il est faux de prétendre que le REER avantage les riches. C’est complètement l’opposé », conclut-il.

« Utilise-t-on toujours la bonne approche ? »
« Rembourser les dettes à taux élevés semble a priori évident. Malheureusement, les conseillers ont ainsi l’habitude de ne regarder que l’arbre qui est devant eux et de oublier la luxuriante forêt qui se cache derrière, écrit de son côté Jean-François, un conseiller des Cantons-de-l’Est. Certes, il y a lieu de rembourser le plus rapidement possible des dettes qui coûtent du 20 %, mais utilise-t-on toujours la bonne approche ? »

« Quelqu’un qui connaît bien la fiscalité des familles avec enfants mineurs peut faire d’une pierre deux coups, explique-t-il. Transformer la dette à taux élevé par une nouvelle dette au taux préférentiel tout en permettant au ménage de se constituer des actifs grâce au prêt REER. Malheureusement, les articles financiers ne parle jamais d’une telle stratégie, pourtant très avantageuse. (…) Les courbes de Laferrière, que tous devraient maintenant connaître, démontrent clairement que cette équation ne tient pas la route. En fait, c’est pour les ménages dont le revenu FAMILIAL se situe entre 30 000 $ et 50 000 $ que les REER sont les plus avantageux. Mais cela, on n’en parle que trop rarement. Et, bien sûr, un tel article proviendra alors de nos deux fiscalistes, MM. Yves Chartrand et Claude Laferrière. »

« Ainsi, les couples dont les deux membres ne gagnent que 20 000 $, par exemple, sont considérés parmi les cas où il n’est pas avantageux de cotiser au REER. Pourtant, même sans enfants, leur taux réel d’imposition en 2010 sera d’au moins 48 % et possiblement 52 % en considérant le crédit pour impôts fonciers et les crédits pour frais médicaux. Si j’ajoute un enfant, l’économie réelle sera de l’ordre de 74 %;  pour deux enfants, l’économie grimpe à 8 5%, et à 95 % pour trois enfants ! Ne croyez-vous pas qu’il y aurait lieu de leur parler d’abord des REER, plutôt que de le semoncer avec leur dette sur leur carte de crédit ?, demande Jean-François. Une famille avec enfants mineurs se trouvant dans cette tranche de revenus devrait donc, à mes yeux, TOUJOURS favoriser le prêt REER et rembourser ses dettes avec son retour d’impôt. Qui plus est, ceci lui permettra d’obtenir, grâce à l’augmentation de la prestation fiscale pour enfants, le soutien aux enfants, le remboursement de la TPS et le crédit pour solidarité, la liquidité nécessaire pour rembourser le prêt REER, alors qu’elle n’avait auparavant aucune liquidité pour rembourser sa dette. »

« Le problème avec la majorité des articles financiers, c’est qu’ils véhiculent de vieux mythes financiers qui n’ont plus leur raison d’être, conclut-il. C’est pourquoi je dis fréquemment que je suis pour l’éducation financière, mais contre la littératie financière. La littératie financière ressemble bien plus à ces publicités trompeuses qui attirent l’attention sur le point fort d’un produit, mais sans divulguer
l’envers de la médaille ! »


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