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Que pensent les conseillers des films sur la finance?

29 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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ordinateur_video_pellicule_film_425Pour tous ceux qui ne travaillent pas à Wall Street ou Bay Street, Hollywood est une fenêtre sur le monde de la finance. Pour le meilleur, mais pour le pire aussi.

Car pour un Eddie Murphy (alias Billy Ray Valentine) qui, dans Un fauteuil pour deux, explique de manière réaliste comment fonctionne le commerce, ou une Margot Robbie, qui, dans The Big Short, donne une idée assez juste de ce que sont les prêts hypothécaires à risque, bien d’autres films n’ont pas cette pertinence.

Qu’en pensent les professionnels de l’industrie? Notre publication soeur Advisor.ca a fait analyser quelques titres par des conseillers et autres experts de la finance.

Margin Call

Le scénariste et réalisateur J.C. Chandor affirme avoir observé son père, employé de la banque d’investissement Merrill Lynch, pendant près de quarante ans pour écrire le scénario. Plus encore, le film a été tourné dans les locaux vacants d’une firme d’investissement new-yorkaise. Mais au-delà de ces petites touches d’authenticité, si le film révèle bien certains détails sur le monde de la finance internationale, il en exagère certains aspects, croit Kent Womack, professeur de finance à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto.

Par exemple, qu’un analyste de risques soit le seul à se rendre compte de la valeur instable des titres hypothécaires est la plus grande liberté artistique prise dans le film, souligne-t-il.

Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

Wall Street

Bien que les choses aient beaucoup changé depuis 1987, la conseillère et ex-courtière Kathleen Peace estime que l’avidité décomplexée est toujours de mise aujourd’hui dans les salles de marchés.

« Je ne pense pas que cela change un jour et je ne vois pas pourquoi ça changerait, commente-t-elle. Il est évident que ces types-là ne se soucient pas de leurs clients. »

Elle ajoute que des livres tels que Flash Boys de Michael Lewis démontrent bien qu’à Wall Street aujourd’hui, l’avidité et l’argent sont des valeurs bien plus importantes que l’éthique. Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

Trading Places

Ce film, tourné durant les heures d’ouverture de la Bourse du commerce de New York, illustre bien la façon dont les marchandises s’échangeaient… en 1983.

« Car aujourd’hui, Billy Ray and Winthorpe auraient juste à se connecter à un ordinateur, indique Murray Hodgins, de PI Financial Corp. Je mets à ce film la note de 5 sur 10, mais ça ne reflète pas ce que je pense du film en lui-même. Celui-ci parvient très bien à montrer la rapidité avec laquelle les échanges se gèrent. Et il est vraiment très amusant. » Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

Working Girl

Ce film dressant le portrait du monde de la finance dans les années 1980 est certes exagéré, mais basé sur la réalité, croit Ken Smith, consultant en stratégies d’affaires et co-auteur de The Art of M&A Strategy : A Guide To Building Your Company’s Future.

Working Girl montre « à quel point il est difficile de faire reconnaître ses talents quand vous ne sortez pas des bonnes écoles ou que vous ne ressemblez pas à ce qu’on attend de vous, ainsi que l’importance du réseautage ». Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

A Good Year

Au début du film, on voit le trader Max Skinner (Russel Crowe) aux commandes de la salle de marché de son entreprise. Pour mobiliser ses courtiers, il martèle : « Aujourd’hui, on bouffe tout le monde. Le secret pour devenir riche est le même que pour la comédie : avoir le sens du timing. »

Brian Calder, courtier à la Franklin Bissett Investment Management de Calgary, affirme que l’avidité ne devrait jamais faire partie de l’équation. « Nous voulons tirer avantage des inefficiences que nous observons sur le marché. Mais l’avidité n’est pas la clé. Ce qui a fabriqué des gens riches l’année dernière ne fonctionnera pas forcément cette année. »

Skinner avait en revanche raison sur le fait de savoir saisir les occasions. « Le timing, c’est le secret, indique-t-il. Le problème, c’est que vous ne savez pas à l’avance si vous agissez pile au bon moment. Vous ne le réaliserez qu’après coup. » Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

The Big Short

Basé sur le livre de Michael Lewis, The Big Short : Inside the Doomsday Machine, le film vulgarise l’écroulement du marché de l’immobilier et l’impact économique de certains instruments financiers comme les obligations adossées à des actifs (collateralized debt obligations, ou CDOs). Parfois drôle, parfois poignant, notamment lorsque des millions de personnes perdent leurs emploi et leur maison, il raconte la vie de vrais courtiers et investisseurs, même si leurs noms ont été modifiés.

Ce film est-il pour autant fidèle à ce qui s’est réellement passé durant crise de 2008?

Hollywood croit que oui, le film ayant remporté l’Oscar du meilleur scénario pour une adaptation. Mais qu’en pensent les experts de la finance? Alexander Dyck, professeur d’économie et de finance à l’Université de Toronto, croit lui aussi en l’exactitude des faits. Pour la plupart.

« Ce film montre qu’il faut suivre son instinct, explique-t-il. Mais si votre instinct est fondamentalement différent de celui d’un tas d’autres personnes intelligentes, la plupart du temps, vous aurez tort. »

Pour la critique complète en anglais, c’est ici.

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