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Quel rendement aurons-nous dans 10 ans?

8 mars 2011 | Cimon Plante | Commenter

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L’histoire nous a démontré que l’utilisation du ratio cours/bénéfice (C/B) nous permet d’anticiper la direction du marché à long terme.

Ce ratio se calcule en divisant le prix d’une action par ses profits. Par exemple, si un titre se négocie à 10 $ et que le bénéfice de la société est d’un dollar par action, son ratio C/B est de 10 (10 $/1 $). Bref, le C/B représente le nombre d’années qu’un investisseur est prêt à payer pour récupérer son investissement. Dans le cas ci-dessus, il faudrait attendre 10 ans avant de récupérer le capital investi dans la société.

Mais ce ratio n’est pas uniquement utilisé pour les sociétés prises individuellement. Il est aussi utilisé pour évaluer un marché dans son ensemble. Le ratio C/B est donc appliqué, entre autres, pour le S&P/TSX (Bourse de Toronto) et le S&P500 (les 500 plus grandes sociétés cotées sur les Bourses américaines). Ce rapport est alors lié aux anticipations de croissance économique. Lorsque l’économie semble offrir de bonnes perspectives, les investisseurs sont prêts à payer pour un plus haut C/B afin de participer à cet accroissement. L’inverse s’applique aussi.

Selon l’équipe Crestmont Research, basée au Texas, le ratio C/B moyen pour le S&P500 depuis l’an 1900 est de 16.

Cependant, plusieurs investisseurs utilisent, comme calcul, le ratio C/B en s’intéressant uniquement aux bénéfices de l’année en cours. Dès lors, ces résultats peuvent les induire en erreur. Par exemple, une société pourrait enregistrer un bénéfice extraordinaire au courant d’une année donnée, mais pour une raison exceptionnelle. Dans cette situation, un investisseur pourrait être tenté d’acheter une société avec un faible C/B alors qu’en réalité, son ratio devrait être plus élevé.

C’est pour cette raison que Robert Shiller, professeur d’économie à l’Université Yale, a créé le ratio C/B Case-Shiller normalisé. Afin de connaître le C/B du S&P500, Robert Shiller divise le prix de cet indice boursier par les bénéfices moyens des sociétés membres de l’indice au cours des 10 dernières années. Cette mesure permet de réduire l’impact des cycles économiques où des exceptions ont été enregistrées, tant à la hausse qu’à la baisse. C’est avec ce ratio que l’on peut cerner la direction des marchés à long terme.

Quelques exemples…
D’après les recherches de Crestmont Research, plus le ratio C/B Case-Shiller est faible, plus le rendement au courant des dix prochaines années devrait être élevé. Dans cette situation, on investit lorsque le marché semble offrir peu de valeur aux marchés.

Selon les données de Crestmont Research, en 1982 le ratio C/B Case-Shiller était de 7,3. L’un des plus faibles ratios jamais enregistrés. Dix ans plus tard, le S&P500 donna un rendement composé de 12 % par année. Pareillement, en 1932, le ratio C/B Case-Shiller était de 8,1. Vingt ans plus tard, le rendement du S&P500 avait été de 9 % par année.

Mais l’inverse s’applique : lorsqu’un investisseur investit sur le marché alors que le radio C/B Case-Shiller est élevé, le rendement espéré devrait être très conservateur.

Par exemple, en 1929, ce ratio était de 27,6. Dix ans plus tard, le rendement annuel du S&P500 avait été de – 4 %. C’est en l’an 2000 que l’on a établi un record. Le ratio C/B Case-Shiller était de 41,7. Il n’est donc pas surprenant de voir le S&P500 offrir un rendement annuel de – 2 % dix ans plus tard.

Depuis l’an 1900, lorsque le ratio C/B Case-Shiller est de 21 ou plus, les rendements offerts restent maigres pour la décennie suivante. À la fin de 2010, ce ratio était de 23.

Les taux d’intérêt pour les titres sécuritaires sont à un creux historique, et le marché de l’immobilier a fortement augmenté ces dernières années grâce aux faibles taux d’intérêt hypothécaires. Il existe peu d’investissements offrant un bon rendement prévisible. Cependant, malgré l’évaluation des actions, je crois que cette classe d’actifs offrira un meilleur rendement malgré des perspectives modestes. L’histoire nous démontre qu’aucune classe d’actifs ne surperforme indéfiniment. Les revenus fixes ont connu un rendement exceptionnel au cours des 30 dernières années. Et vous serez d’accord que l’immobilier a connu sa meilleure décennie enregistrée à vie avec les années 2000.

Pour les portefeuilles boursiers, beaucoup ont commencé à privilégier une gestion passive avec des produits indiciels. Il est vrai que cette stratégie s’avère peu coûteuse, mais, dans un marché qui semble vouloir faire du surplace pour les prochaines années, cette tactique risque de ne pas offrir un bon rendement.

Si vous adoptez une stratégie indicielle, la gestion active des catégories d’actifs sera importante. Il faudra modifier activement le contenu de vos indices. De plus, il est fort probable que ce type de gestion de titres boursiers, quoique plus dispendieux, sera plus rentable à long terme.

J’ai rédigé le présent commentaire afin de vous donner mon avis sur différentes solutions et considérations en matière d’investissement susceptibles d’être pertinentes pour votre portefeuille de placements. Ce commentaire reflète uniquement mes opinions et peut ne pas refléter celles de Banque Nationale Groupe financier. En exprimant ces opinions, je m’efforce d’appliquer au mieux mon jugement et mon expérience professionnelle du point de vue d’une personne appelée à suivre un vaste éventail de placements. Par conséquent, le présent rapport représente mon opinion éclairée et non une analyse de recherche produite par le Service de recherche de la Financière Banque Nationale.

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