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Qu’est-ce que la budgétisation du risque?

18 août 2015 | La rédaction | Commenter

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Trop focalisés sur la question du rendement, de nombreux investisseurs perdent de vue la notion de risque quand vient le temps d’élaborer une stratégie efficace de répartition d’actifs pour leur portefeuille.

Dans un contexte de faibles rendements, la constitution de portefeuilles axée sur la gestion du risque, ou la « budgétisation du risque », devrait pourtant être un réflexe.

« Vous devez comprendre d’où vient le risque dans votre portefeuille et quel impact il pourrait avoir, surtout en période difficile, lorsque l’on se soucie plus du risque que du rendement », a expliqué Perry Teperson, vice-président de Leith Wheeler à Vancouver, dans un article de Morningstar Canada.

Selon M. Teperson, l’investisseur typique va généralement construire son portefeuille de manière à obtenir un certain rendement.

Or, quand les actifs défensifs comme les fonds du marché monétaire et les obligations génèrent des rendements anémiques, une telle philosophie peut s’avérer dangereuse, car elle pousse les investisseurs à augmenter leur répartition en actions dans l’espoir d’atteindre leurs objectifs.

« Il faut vous poser la question suivante : comment cela peut-il affecter mon portefeuille en période difficile? », affirme Perry Teperson.

Par exemple, dans une répartition d’actifs classique de 60 % d’actions et de 40 % d’obligations, une perte de 10 % proviendrait invariablement de la portion en actions. « Un peu plus de 90 % du risque provient des actions, dit M. Teperson. Même si les obligations constituent 40 % du portefeuille, elles ne contribuent pas beaucoup au risque en période de tension. »

PERTINENT MÊME SANS FLUCTUATIONS

De là l’importance pour les investisseurs d’examiner les différentes parties de leur portefeuille, sans quoi il leur sera impossible de réellement percevoir d’où provient le risque.

M. Teperson démontre sa théorie en examinant les rendements de son portefeuille pendant la crise de 2008-2009. « On a vu des rendements positifs provenant des obligations provinciales et fédérales canadiennes, et probablement des rendements négatifs des obligations de sociétés et à haut rendement. Mais les résultats ont été plus négatifs du côté des actions. C’est la façon la plus rapide de comprendre l’origine du risque », soutient-il.

Mais même quand les marchés sont sur la pente ascendante et que les rendements sont solides, la budgétisation du risque demeure toute aussi pertinente, malgré les apparences. Selon M. Teperson, les investisseurs ne devraient pas tomber dans le piège de la complaisance et croire qu’ils n’ont aucun souci à se faire.

« C’est précisément le moment de s’interroger pour savoir si l’on est sorti de sa zone de confort, ou de tolérance du risque, advenant un marché baissier », souligne-t-il.

PLUS SIMPLE À DIRE QU’À FAIRE

Cela dit, déterminer le degré de risque du portefeuille de vos clients n’est pas une tâche aussi simple qu’il y paraît. L’évaluation du risque est relativement facile dans le cas des produits d’investissement passifs, comme les FNB, parce que le risque systématique (bêta) peut être mesuré. La tâche est toutefois plus complexe dans le cas d’une gestion active, où le risque (alpha) diffère considérablement des investissements passifs qui sont corrélés au marché.

« Les gens devraient passer un peu de temps avec leurs conseillers et comprendre ce qui se passe lorsque la marée se retire, dit M. Teperson, et ils pourraient s’interroger sur les implications d’un portefeuille un peu moins risqué en période de tension.

Par exemple, s’ils changeaient d’une combinaison d’actifs de 60/40 à une combinaison de 50/50, ils devraient se demander ce que cela signifierait à la fois pour les rendements et la gestion du risque en période difficile. Cela devrait leur permettre de comprendre quels sont les facteurs déterminant le risque. »

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