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Inflation

Qui fait partie de la classe moyenne?

23 octobre 2015 | La rédaction | Commenter

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Le nouveau premier ministre Justin Trudeau l’a répété durant toute sa campagne, il veut en donner plus à la classe moyenne. « Aux classes moyennes », devrait-il pourtant dire, à en croire les chercheurs de la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

Dans leur étude, La classe moyenne s’érode-t-elle vraiment?, François Delorme, Suzie St-Cerny et Luc Godbout affirment que contrairement à ce qui est généralement perçu, cette dernière n’a pas diminué au Québec ces quarante dernières années. Mais qu’elle s’est en revanche plus diversifiée.

« Si l’on compare l’évolution de la classe moyenne seulement du point de vue des revenus sans allocations ou politiques sociales, les gens ont raison de dire que la classe moyenne s’érode. Oui, les revenus ont baissé, mais la réalité, c’est que la population bénéficie de politiques sociales et de crédits d’impôt. Le soutien de l’État providence a permis de garder la classe moyenne à flot », explique François Delorme.

Si l’on tenait seulement compte des revenus avant impôt, 29,4 % des ménages québécois feraient partie de la classe moyenne (contre 36,8 % en 1976). Par contre, avec le calcul des revenus après impôt, 46,7 % des ménages font partie de la classe moyenne (contre 45,8 % en 1976).

UN PORTRAIT COMPLEXE

Mais de qui parle-t-on en réalité? Pour faire partie de la classe moyenne, les ressources financières du ménage doivent se situer dans l’intervalle compris entre 75 % et 150 % du revenu médian, statue les chercheurs.

Ainsi, selon une calculatrice mise en ligne par Radio-Canada, font partie de la classe moyenne au Québec :

  • les personnes seules ayant un revenu après impôts et transferts situé entre 24 000 et 47 000 $ environ;
  • les couples sans enfant qui gagnent entre 33 000 et 67 000 $;
  • les couples avec deux enfants qui gagnent entre 47 000 et 94 000 $.

Si le pourcentage de ménages répondant à cette définition est resté sensiblement le même depuis 1976, ce groupe englobe aujourd’hui bien plus que la famille traditionnelle « deux parents, deux enfants », rapportent les chercheurs.

Il inclut aussi des personnes seules, des couples sans enfant et des familles monoparentales. Bref, le portrait est devenu plus complexe.

« La classe moyenne n’est plus monolithique comme celle des années 70, souligne François Delorme, selon qui les politiciens s’adressent encore trop souvent au sacro-saint couple avec deux enfants. Pour cibler la classe moyenne, il faut une variété de mesures parce que chaque groupe a des attentes différentes en matière de politiques publiques. »

Tout comme ils ont également par ailleurs, des besoins très disparates en matière de placements et de planification financière…


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