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Rebâtir la confiance envers les actions

11 août 2010 | Commenter

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hausse_bourse_placement_425Ces jours-ci, l’incertitude plane sur les marchés, avec des inquiétudes sur la croissance économique, les déficits gouvernementaux, le timing et les impacts appréhendés des hausses de taux d’intérêts, le taux de chômage élevé et le marché de l’immobilier qui s’essouffle.

C’est dans ce climat morose que les conseillers peuvent apporter une valeur ajoutée à leurs services en faisant valoir aux investisseurs les deux côtés de la médaille sur le rendement que peuvent procurer les actions dans la perspective actuelle, écrit Dan Richards sur le site Web Morningstar.

L’opinion d’experts sur la valeur des actions

Mars dernier marquait le premier anniversaire d’un creux historique sur le marché des actions et le dixième anniversaire des sommets atteints lors de la bulle technologique de 2000.¸

En l’honneur de ces anniversaires, le Wall Street Journal a publié un dossier avec les partisans des deux thèses, celle de la sous-évaluation des marchées, et celle de la surévaluation. Il s’agit de Jeremy Siegel, de l’école de commerce Wharton, qui a publié Stocks for the Long Run, et Robert Shiller, de l’Université Yale, auteur à l’opposé de Irrational Exuberance.

Voici d’ailleurs le lien vers cet article.

Dan Richards a d’ailleurs rencontré les deux hommes en juillet à Philadelphie et New Haven. Il passé une heure avec chacun, deux hommes qui sont d’ailleurs de grands amis malgré leurs visions opposées.

Tous deux maintenaient en chœur au début de l’an 2000 que les titres technologiques étaient surévalués à un niveau insoutenable. Mais depuis, leurs vues ont pris des tangentes opposées.

Le pessimiste

Robert Shiller analyse les revenus d’entreprises depuis 10 ans, ajustés à l’inflation, soit un intervalle éliminant les distorsions qui peuvent être causées par une seule année sur un échantillon trop court.

Dans les 150 dernières années, les actions ont été transigées à une moyenne de 15 fois la valeur moyenne de leurs revenus sur 10 ans. Sous ce niveau elles sont peu coûteuses et ont eu tendance à bien faire dans les périodes suivant la transaction. Au-delà de ce niveau, elles sont trop couteuses et leur rendement n’est pas satisfaisant dans les années qui suivent.

Aujourd’hui, les actions se transigent à 20 fois leur rendement sur dix ans. Quand ça ne s’approche pas de 46 fois leur rendement comme ce fut le cas en 2000 au plus fort de la bulle techno. Cela laisse supposer un rendement dans les années subséquentes de 9 % avant calcul de l’inflation et 6 % après.

Le modèle de Shiller a démontré qu’il était précis dans les prédictions à long terme, soit au moins 10 ans, mais beaucoup moins sur les prédictions de rendement à court terme.

En janvier dernier, Shiller disait que  même à 20 fois leur rendement sur dix ans, les investisseurs peuvent s’attendre à un rendement respectable de leurs actions.

Aujourd’hui il est plus pessimiste. Il est inquiet de la baisse de confiance des consommateurs américains et des gens d’affaires qui pourrait mener vers une baisse notoire des dépenses qui pourrait mener vers une deuxième creux dans cette récession.

Il en conclut que lorsqu’il y aura retour à des résultats positifs des actions, ils ne seront pas exceptionnels. Il ne sait pas si les investisseurs seront mieux d’investir dans les actions ou dans les obligations

L’optimiste

Jeremy Siegel utilise une autre méthode de calcul pour évaluer la chose et en arrive à une conclusion différente que celle de Shiller.

Il prétend que, comparé aux moyennes à long terme, les actions sont sous-évaluées de 25 % à 30 %.

La différence majeure entre son approche et cette de Shiller est qu’il regarde devant et non derrière. Il se base sur les prévisions de revenus qui font consensus  pour les deux prochaines années. Parmi ses critiques de Shiller, il déplore l’idée selon laquelle les énormes radiations, comme la dévaluation de 80 milliards par AIG, va fausser les rendements à venir.

Siegel a analysé les variations du marché des actions sur les 200 dernières années. Pendant cette période selon lui, la valeur moyenne des actions a été de 15 fois leur rendement futur, et il prévoir que ce sera 13 fois cette année, et 11 fois l’an prochain.

L’impact des bas taux d’intérêt

La moyenne de 15 fois les rendements pour le coût d’acquisition d’actions selon Siegel tiennent compte d’une période d’inflation dans les deux chiffres sans lequel on parlerait plutôt de 17 fois le rendement.

Si les prévisions de rendement pour les prochaines années se concrétisent, alors retourner à cette moyenne de 15 fois la valeur des rendements pour l’achat d’action veut dire que la valeur des actions aura grimpé de 35 %. Si cela devait se situer à 17 fois la valeur des rendements, cela signifierait une augmentation de la valeur des actions de 50 %.¸

Les tenants de la tendance à long terme

Siegel a tracé une ligne ascendante à long terme en matière de niveaux de profits de coût des actions qui retourne 200 ans en arrière.  Quand le prix des actions se situe au-dessus, comme ce fut le cas en 2000, une période de contreperformance suit impérativement, et les prix chutent sous la ligne tendancielle.

Siegel faire remarquer que quand le coût des actions est sous la lige de tendance, comme c’est le cas aujourd’hui, les leçons de l’histoire démontrent une surperformance par la suite. Bien qu’il cautionne l’idée selon laquelle le coût des actions peut demeurer au dessus de la moyenne pour une bonne période de temps, l’inverse peut aussi être vrai et il suggère aux investisseurs de s’armer de patience.

Répondre à cette nouvelle tendance de croissance lente

Pour Siegel, il est légitime de s’inquiéter d’une nouvelle tendance vers une croissance lente qui deviendra normale, vu la tendance au désendettement, aux nouvelles réglementations des marchés et un ralentissement de la tendance à la mondialisation.

Mais pour lui, des inconnus pourraient changer la donne, soit les innovations technologiques et les effets d’Internet. Pour lui, Internet accélère le rythme des innovations en permettant aux chercheurs du monde de travailler ensemble en temps réel.

Il croit que cela pourrait accélérer la croissance économique plus qu’on ne le croit.

Dans une industrie où les opinions l’emportent souvent sur la raison, Robert Shiller et Jeremy Siegel se distinguent par leur prudence et leur approche basée que sur les faits.

Des vues qu’adopteront les conseillers et investisseurs selon leur biais, ceux qui sont actuellement négatifs adopteront l’approche Shiller, et les négatifs lorgneront du côté de Siegel.

La bonne nouvelle est que les deux vues mettent en perspective des paramètres clairs en faveur de hausse ou de baisse du cours des actions, et fournit les bases d’une discussion raisonnée au sujet de la direction que prendra le cours des actions dans les prochaines années.

La plupart des investisseurs avec lesquels Dan Richards dit avoir discuté semblent positifs mais soupèsent les arguments des deux thèses. Ils ne sombrent pas dans le cliché qui dit «don’t worry, be happy».

C’est pourquoi vous ne pouvez ignorer la problématique à laquelle l’économie et le marché des actions font face.

Et avec plusieurs clients, vous ne pouvez vous baser sur votre seule opinion ou celle de votre entreprise. Il est utile de faire appel aux analyses d’autres sources d’information.

Prenez garde, ne faites pas valoir à vos clients un seul côté de la médaille. En lui démontrant que vous avez bien fait vos devoirs et exploré toutes les avenues, votre recommandation ultime aura plus de poids.

Si vous recommandez à vos clients de demeurer dans le marché, c’est important de leur démontrer que vous avez examiné la possibilité inverse.

Et si vous êtes conservateurs et lui recommandez de se retirer, démontrez-lui que vous avez également considéré la voie optimiste.

En exposant les arguments des deux postulats à vos clients, ils vous verront comme un conseiller consciencieux qui soupèse les pours et les contres avant de faire une recommandation étoffée.

Deux voies de retour sur le marché

Après discussions avec vos clients, vous pouvez en arriver à la conclusion qu’il est temps d’augmenter leur volume d’actions. Rendu là, vous pouvez aller dans deux directions.

La première est d’y aller d’une répartition ciblée. L’avantage de s’attaquer de front au marché d’entrée de jeu maintenant est que les clients bénéficieront de la hausse du cours et vous n’aurez pas à hésiter dans six ou douze mois pour en rajouter.

Le moins bon côté est que si les marchés souffrent d’un revers passager, le risque d’accroître l’anxiété de vos clients et de les perdre augmente.

La seconde possibilité est de fractionner le retour sur le marché en diverses étapes, en commençant par le tiers des investissements de vos clients, un autre tiers six mois plus tard, et le reste dans un an.

Pour plusieurs clients cette voie est plus confortable.

Finalement, en suggérant de fractionner le retour, vous réduisez le risque que vos clients se demandent si votre conseil est influencé par le désir d’amasser une indemnisation plus élevée à partir des fonds investis sur le marché plutôt que de rester assis sur votre argent.

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