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REER : attention aux montages trop audacieux

9 février 2011 | Commenter

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interdiction_non_426Dans un article paru sur le site Morningstar.ca, le collaborateur Steven G. Kelman met en garde contre certaines stratégies utilisant les comptes REER. Ces approches cherchent à obtenir soit des rendements à long terme plus élevés, soit des économies d’impôts, ou encore une combinaison des deux. En terme de REER, M. Kelman préfère lui des approches qui « n’empêchent pas de dormir ».

Une stratégie simple, mais risquée, consiste à concentrer les placements du compte REER dans un seul segment du marché. Le collaborateur de Morningstar donne l’exemple de l’or ou des métaux précieux en général. « Une telle stratégie a pour objectif de maximiser les rendements et de vous offrir une retraite que seuls les gagnants de la loterie peuvent s’offrir », dit-il. En 2010, les fonds communs de placement spécialisés dans les métaux précieux ont connu un rendement médian de 59,6 %, après des gains de 64,4 % en 2009. Mais M. Kelman rappelle qu’il y a dix ans, les fonds spécialisés en sciences et en technologies ont perdu beaucoup de valeur après plusieurs années fastes.

Les retraits « libres d’impôt »
Certaines approches se servent des règles fiscales. Le client emprunte une somme d’argent d’une institution financière, qui équivaut par exemple à deux fois ce qu’il détient dans son REER. Ce montant est investi dans un portefeuille de fonds communs hors REER. Le client paye ensuite les intérêts du prêt en faisant des retraits du compte REER. « Le conseiller appuyant cette stratégie vous dira alors — bien que ce soit faux — que, comme les intérêts sur le prêt sont déductibles d’impôts, vous faites en réalité des retraits de votre REER libres d’impôts », affirme M. Kelman.

Il existe une variante de la stratégie précédente pour les gens ne disposant pas d’actifs placés dans un REER. Comme dans le cas précédent, ils font un emprunt auprès d’une institution financière. Ils reportent les cotisations REER et utilisent plutôt l’argent pour rembourser les intérêts du prêt. Au bout de quelques années, on souhaite encaisser des profits équivalents à la cotisation non utilisée. C’est alors qu’on place les gains dans un REER pour avoir droit à la déduction fiscale.

Ces stratégies impliquent donc de prendre de l’argent destiné à un REER pour payer des intérêts sur un emprunt, dont le montant est investi dans des placements. Le problème avec ces stratégies, selon M. Kelman, est qu’elles ne fonctionnent que si le marché continue à croître à un taux régulier et prévisible. Il recommande donc aux investisseurs qui envisagent ce type de stratégies de demander à leur conseiller de proposer plusieurs scénarios. Ces derniers devraient inclure des situations de marchés haussiers et baissiers, et ils devraient utiliser de véritables données mensuelles du marché, plutôt que des taux de rendement constants.

À lire également : notre dossier REER.


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