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Relève entrepreneuriale : n’hésitez pas à lancer la discussion

14 novembre 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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Avez-vous des clients qui sont propriétaires de PME? Vérifiez avec eux si leurs plans de relève sont à jour. En effet, une récente étude de Marchés mondiaux CIBC révèle que les petits entrepreneurs sont très discrets en ce qui concerne cette étape cruciale à la fois pour leur firme et pour leur propre situation financière.

Parmi les raisons qui expliquent pourquoi la question de la planification de la relève n’est pas abordée, mentionnons des ressources limitées, une difficulté à maintenir ou à améliorer la rentabilité, ainsi que certains facteurs difficilement quantifiables, comme l’absence d’une vision commune entre les partenaires, l’inexistence d’une structure de communication efficace et l’incapacité à résoudre les conflits entre les parties intéressées.

« La plupart du temps, le fait d’avoir du mal à s’entendre sur un plan de relève bien défini est le signe de problèmes plus profonds, comme l’absence d’un plan d’affaires bien établi », dit Marchés mondiaux CIBC.

Or, les conséquences pour l’entreprise ne sont pas négligeables. En plus de mettre la PME en danger en éloignant les successeurs et acheteurs potentiels, cette situation peut faire en sorte que les propriétaires perdent leurs objectifs de vue, causant ainsi des inefficiences et des pertes de bénéfices. « Les propriétaires peuvent avoir du mal à réaliser la pleine valeur de leur entreprise, et l’obtention d’un financement à long terme peut être difficile, compromettant ainsi davantage le potentiel de croissance de l’organisation », prévient la banque d’investissement.

Pour l’heure, le nombre d’entreprises faisant face à des questions liées au changement de propriétaire est faible par rapport à l’économie. Par conséquent, le manque de planification de la relève demeure un « microproblème » qui n’affecte que la firme elle-même et qui n’a que peu d’incidence sur l’économie dans son ensemble.

Mais cela va changer rapidement. D’ici cinq ans, près du tiers des propriétaires d’entreprises au Canada vendront leurs actifs ou transféreront le contrôle de leurs sociétés, estime Marchés mondiaux CIBC. Cela représente 310 000 personnes. Au cours des 10 prochaines années, la moitié des propriétaires, ou 550 000, comptent se départir de leurs actifs.

En argent : des actifs commerciaux d’une valeur de 1 900 milliards de dollars changeront de mains au cours des cinq prochaines années. Ce sera le « plus important renouvellement de contrôle économique de l’histoire ». En outre, d’ici 2022, ce nombre augmentera de façon spectaculaire pour atteindre pas moins de 3 700 milliards de dollars.

« Compte tenu de l’ampleur de ce phénomène, une planification de la relève déficiente ou mal effectuée pourrait entraîner des répercussions sur l’ensemble de l’économie canadienne en provoquant une réduction de la productivité, des pertes d’emploi, des ventes prématurées et une augmentation du nombre de faillites. Ces coûts potentiels sont importants. Les entreprises qui changeront de propriétaire au cours des cinq prochaines années emploient actuellement près de deux millions de personnes et représentent pas moins de 15 % du PIB », constate Marchés mondiaux CIBC.

Bien que les problèmes posés par une planification de la relève inadéquate ne soient pas nouveaux, les entreprises canadiennes tardent encore à accorder à cette question l’attention qu’elle mérite. Près de 60 % des propriétaires de PME âgés de 55 à 64 ans n’ont pas encore commencé à discuter de leurs plans de départ avec les membres de leur famille ou leurs partenaires d’affaires.

Lorsque vous rencontrerez vos clients-entrepreneurs, n’hésitez pas à lancer une discussion sur ce sujet. Les chances sont bonnes qu’ils vous porteront une oreille attentive.

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