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Retour aux études : est-il opportun de retirer de son REER?

29 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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analyse_etude_425Un client qui fait un retour aux études devrait-il puiser dans son REER s’il vient à manquer de fonds? Oui, mais cela a un prix, répond Christian Charest, éditeur des sites Web de Morningstar Canada.

Votre client ne devrait pas trop payer d’impôts sur ses retraits s’il est étudiant à temps plein. Mais il ne faudra pas oublier de lui glisser à l’oreille que les droits de cotisation à son REER ne sont pas réutilisables.

Le montant qu’il est permis de déposer dans un REER est déterminé par le revenu de l’année précédente et est limité à 18 % du revenu, jusqu’à un montant maximum fixé chaque année, rappelle M. Charest. Une fois que l’argent a été retiré du REER, il sera impossible d’en remettre jusqu’à ce que ces droits de cotisation aient été reconstitués.

Supposons que votre client ait travaillé pendant cinq ans, gagné un salaire annuel moyen de 40 000 $ et cotisé le maximum autorisé à son REER chaque année. Ses droits de cotisation seraient de 36 000 $ pour cette période (40 000 X 18 % X 5). Afin de recréer ces droits de cotisation de 36 000 $ ultérieurement, il lui faudrait gagner 200 000 $ sur au moins deux ans pour ramener son REER là où il en était avant d’amorcer ses études.

De plus, les droits de cotisation retirés sont perdus pour toujours, ce qui affecte le potentiel de croissance libre d’impôts de cet argent jusqu’à l’âge de la retraite. Cette perte peut ne pas avoir grande importance si les droits de cotisation non utilisés sont élevés, mais pour qui a cotisé annuellement le montant maximum, le manque à gagner pourra être conséquent.

Ce problème pourrait être contrebalancé en plaçant une partie ou la totalité de l’argent retiré dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). À supposer que votre client n’y ait jamais cotisé, il pourrait y placer 46 500 $ cette année. Si ces cotisations ne donnent pas droit à une déduction d’impôt, elles permettent tout de même à l’argent de fructifier à l’abri de d’impôt, et les CELI sont plus souples qu’un REER si le besoin d’un retrait se fait sentir.

PENSER REEP

Autre stratégie à proposer à votre client : retirer l’argent dans le cadre du Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) du gouvernement fédéral. Ce régime permet d’emprunter 10 000 $ par année civile du REER, jusqu’à un maximum de 20 000 $, sans payer d’impôts sur le montant retiré. Il n’y aura pas de déduction d’impôt lorsque cette somme sera redéposée dans le REER, mais le remboursement peut s’échelonner sur dix ans et les droits de cotisation ne sont pas perdus.

Vous devez amener votre client à déterminer ce qui a le plus de valeur pour lui : l’avantage de pouvoir dépenser aujourd’hui l’argent retiré de son REER, ou les droits de cotisation qu’il perdrait de façon permanente, conclut Christian Charest.

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