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5 points à débattre sur les régimes à risques partagés (2e partie)

25 août 2014 | Christine Bouthillier | Commenter

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3- Si les prestations sont réduites dans un régime à risques partagés, ce ne sera que temporaire.

« Dans un régime à risques partagés, rien n’oblige les réductions de prestations à n’être que temporaires, indique Hassan Yussuf. Des réductions permanentes sont une possibilité. Cela veut dire que des déficits temporaires pourraient mener à des réductions de prestations permanentes. »

« C’est en effet une possibilité, mais dans des régimes déjà existants au Nouveau-Brunswick, une des conditions aux réductions demeure que des hausses soient prioritaires lorsque la situation s’améliore », souligne M. Charbonneau.

4- Le régime à risques partagés est un hybride, où certaines prestations sont garanties et d’autres, comme l’indexation à l’inflation, conditionnelles.

Faux, martèle M. Yussuf. « Il n’y a aucune garantie légale sur les prestations dans un régime à risques partagés. Toutes les prestations, qu’elles soient de base ou additionnelles, comme l’indexation à l’inflation, peuvent être réduites légalement sans limite. »

Toutefois, dans le modèle néo-brunswickois, les prestations des retraités sont protégées, explique Serge Charbonneau.

« Les rentes actuelles sont mieux protégées que l’indexation, c’est positif, ça! », insiste-t-il.

5- Les syndicats appuient le modèle des risques partagés

La vaste majorité des syndicats n’approuvent pas la conversion des régimes à prestations déterminées en régimes à risques partagés, croit Hassan Yussuf.

Face à une tension grandissante à propos de leur régime de retraite, quelques unités de négociation du Nouveau-Brunswick ont appuyé des conversions en régime à risques partagés pour quelques régimes en grave manque de financement.

« Mais maintenant, des conversions aux régimes à risques partagés sont proposés pour des régimes viables et en santé partout au pays », déplore-t-il.

En effet, le modèle du Nouveau-Brunswick ne doit pas s’appliquer de la même façon à tout le monde, prévient M. Charbonneau. Il insiste sur la nécessité de la flexibilité de ces régimes.

Des solutions

Plus de 60 % des travailleurs canadiens n’ont qu’un régime de retraite au travail, rappelle Hassan Yussuf : le Régime de pensions du Canada ou la pension du gouvernement du Québec. Ces régimes sont payés également par les employeurs et les employés.

Le Congrès du travail du Canada demande de les augmenter. L’initiative à risques partagés du gouvernement fédéral ne fait que miner davantage la sécurité de la retraite des Canadiens, croit son président.

Mais même ces régimes ont récemment fait l’objet de modifications, nuance Serge Charbonneau.

« C’est normal. Quand on fait une promesse et qu’elle devient soudainement plus coûteuse, c’est correct de la reconsidérer », conclut-il.

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