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Retraite : la règle du 70 % serait surestimée

1er octobre 2010 | Commenter

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tableau_chiffre_nombre_calcul_formule_425La règle d’or voulant que les retraités aient besoin de 70 % de leurs revenus annuels moyens des trois dernières années de travail pour vivre confortablement serait surestimée, constate Dan Richards.

En effet, un taux de remplacement de 50 % pourrait même être suffisant, souligne le chroniqueur au quotidien The Globe and Mail et président de la firme de communication financière ClientInsights. Il en arrive à cette conclusion après avoir scruté les données de Statistique Canada sur les revenus des Canadien âgés de 65 ans ou plus et les résultats d’une étude de la firme Investissements Russell Canada.

Que révèlent ces données ? Plusieurs choses intéressantes :

– En 2007, les ménages de retraités canadiens ont dépensé, en moyenne, environ 30 000 $, ou 2 500 $ par mois. En moyenne, 2 000 $ ont été consacrés aux biens et services essentiels, et 500 $ aux dépenses discrétionnaires.

– Toutes catégories d’âge confondues, les dépenses des ménages canadiens ont atteint 73 500 $. « Cela signifie que, pour certains retraités, un taux de remplacement de 50 % pourrait être adéquat », indique Dan Richards.

– Des 30 000 $ qu’ont dépensés les ménages de retraités, 18 000 $ provenaient des programmes gouvernementaux, comme le Régime de pension du Canada, la Régie des rentes du Québec et la Pension de la sécurité de la vieillesse.

– À mesure que les Canadiens vieillissent, leurs dépenses diminuent de façon nette. Entre 80 et 84 ans, les dépenses en biens et services essentiels chutent de 30 %.

Ces données doivent certainement plaire à l’actuaire Malcolm Hamilton, du cabinet Mercer. Il est l’un des plus farouches opposants à la règle du 70 %, employée fréquemment dans l’industrie de la planification de la retraite. « Elle force les épargnants à se priver inutilement de bon temps durant leur vie active », déplore-t-il. D’autres critiques plus virulentes accusent l’industrie des services financiers d’avoir inventé cette règle pour pousser les épargnants à économiser plus qu’il ne faut afin de mieux s’enrichir à leurs dépens.

Suivant la règle du 70 %, une personne active gagnant 100 000 $ par année devrait compter sur des revenus annuels de 70 000 $ si elle désire conserver son niveau de vie à la retraite. À l’évidence, seule une minorité de Canadiens pourront partir à la retraite avec de tels revenus.

Quoique éloquents, les résultats des études de Statistique Canada et des Investissements Russell Canada ne disent pas tout, prévient Dan Richards. Notamment, les dépenses typiques de 30 000 $ ne s’appliquent probablement pas aux personnes qui vivent dans les grandes villes où le coût de la vie est élevé, comme à Montréal, à Toronto, à Calgary et à Vancouver. De plus, elles masquent la réalité de bon nombre de retraités. En effet, dans le groupe d’âge de 65 à 74 ans, un tiers des ménages affichent des dépenses annuelles de 54 000 $, dont 38 000 $ en biens et services essentiels. Il faut donc se méfier des généralisations hâtives, conseille Dan Richards.

Les commentaires qu’ont exprimés les retraités dans le cadre de l’étude de Russell ont étonné le chroniqueur. Ainsi, 90 % d’entre eux disent profiter de la vie, couler des jours heureux et jouir de la liberté que leur procure la retraite. Ce haut pourcentage est remarquable, car, chez les Canadiens qui sont à 10 ans de la retraite, à peine la moitié pensent qu’ils connaîtront ces sentiments positifs une fois qu’ils auront tiré leur révérence au marché du travail.

L’étude de Russell démontre également que le fait de gagner des revenus de retraite élevés n’est pas synonyme d’une retraite satisfaisante. Évidemment, il faut que les besoins fondamentaux puissent être comblés, mais, une fois ce seuil franchi, la notion de bonheur ne rime pas nécessairement avec gros compte bancaire. Les spécialistes de Russell croient que la crise financière de 2008-2009 a poussé les retraités à faire la part des choses et à profiter de la vie pendant qu’il en est encore temps.

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