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Protéger son portefeuille en cinq étapes

10 mai 2010 | Commenter

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La volatilité augmente sérieusement sur les marchés, en raison notamment des problèmes financiers qu’éprouvent la Grèce et d’autres pays d’Europe. Plusieurs observateurs anticipent une solide correction boursière (nous en avons eu un aperçu au cours des dernières semaines) et la hausse des taux d’intérêt au pays est une quasi-certitude.

Le temps est donc propice aux investisseurs pour qu’ils alignent leurs portefeuilles en fonction des risques qui se dessinent à l’horizon, suggère Rob Carrick, journaliste au quotidien The Globe and Mail. Il propose une stratégie en cinq étapes :

1. Rééquilibrer son portefeuille
L’indice S&P/TSX a bondi de près de 60 % depuis son creux de mars 2009. Il est donc possible que le volet « croissance » des portefeuilles ait progressé significativement par rapport au volet « revenus fixes ». Résultat : la répartition originelle des actifs est peut-être déséquilibrée, augmentant ainsi le risque de manière indue. Si c’est le cas, il serait sage d’encaisser des profits dans le volet « croissance » afin de revenir au profil convenu au départ.

Par ailleurs, Rob Carrick souligne que beaucoup d’investisseurs, échaudés par la crise financière de 2008-2008, ont trouvé refuge dans des obligations négociables ou des fonds d’obligations. Or, une surpondération en titres à revenu fixe peut être aussi dommageable qu’un excès de produits de croissance. Voilà pourquoi les investisseurs ne devraient pas négliger cette portion de leurs placements et s’assurer qu’elle respecte les proportions prévues dans le plan de match initial.

2. Encaisser des profits dans les secteurs à risque
Les fonds d’actions des marchés émergents, des ressources naturelles, des titres aurifères et du secteur de la technologie ont connu une année faste, affichant des gains variant de 32 % à 60 %. Ces secteurs sont reconnus pour enrichir les investisseurs quand tout baigne, mais de les décevoir fortement lorsque les marchés se détériorent. S’il faut encaisser des profits afin de rééquilibrer son portefeuille, c’est de ce côté qu’on doit agir, dit Rob Carrick.

3. Obligations : opter pour des échéances courtes
Les obligations négociables dont le terme échoit en cinq ans ou moins produisent de faibles rendements, certes, mais ce sont celles dont la valeur se maintiendra le plus durant un hausse des taux d’intérêt. « Si vous comptez investir dans des obligations aujourd’hui, résistez à la tentation de décrocher les meilleurs rendements qu’offrent les titres de longue échéance », conseille Rob Carrick. Il recommande aux investisseurs de bien choisir leurs instruments obligataires. En effet, les détenteurs d’obligations individuelles de bonne qualité sont assurés de récupérer leur capital lorsque leurs titres viendront à échéance. Par contre, ceux qui possèdent des fonds d’obligations n’ont pas cette garantie, car les fonds ne viennent pas à terme à une date fixée d’avance. Il est donc possible de perdre de l’argent avec les fonds d’obligations si on les achète et les vend au mauvais moment, et on peut attendre longtemps avant de voir leur valeur s’apprécier.

4. Surveiller les actions sensibles aux variations des taux d’intérêt
Réagissant négativement aux annonces des augmentations de taux, le cours de certaines catégories d’actions privilégiées a diminué de manière marquée depuis un mois. Le prix des actions ordinaires des entreprises de services publics et des sociétés financières est aussi sujet à baisser durant les périodes de hausse des taux d’intérêt. Cependant, surveiller ne veut pas nécessairement dire liquider, note Rob Carrick. Les investisseurs à la recherche de revenus devraient conserver leurs titres si ce sont des produits de bonne qualité. En effet, la hausse des taux ne devrait pas affecter le versement des dividendes. Mais s’ils supportent mal les fluctuations boursières, ils devraient songer à réduire leur exposition.

5. Utiliser les liquidités
Les corrections boursières comme celle que nous connaissons depuis quelques jours sont des occasions inespérées de prendre position sur les marchés. Pour ce faire, il faut avoir des liquidités à portée de main. L’argent qui dort dans des fonds du marché monétaire et dans des comptes bancaires peut servir à acheter des titres de bonne qualité dont la valeur s’est dépréciée sans réelle justification, sauf celle de la panique des investisseurs.

« C’est en profitant des aubaines qui se présentent qu’on parvient à tenir en échec les risques financiers », conclut Rob Carrick.

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