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RICIFQ : contre les « aberrations » entourant les titres professionnels

1er octobre 2009 | Ronald McKenzie | Commenter

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« Je trouve qu’il y a des problèmes plus graves à régler que de changer des titres professionnels ! », lance Raymond Pratte, président du Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ).

En entrevue à Conseiller.ca, Raymond Pratte a expliqué pourquoi il a senti le besoin de publier, mercredi matin, un communiqué appelant les conseillers à se regrouper (texte disponible en cliquant sur Lettre de M. Raymond Pratte, président du RICIFQ, à la fin de ce texte). « Nous sommes dans une période complexe où la voix du conseiller honnête et compétent n’est pas entendue. Nous nous faisons imposer toutes sortes de règlements qui ne tiennent pas compte de notre réalité, de ce que nous vivons avec nos clients. Et c’est nous qui sommes visés en cas de problème », dit-il.

Le RICIFQ en a contre les « aberrations » entourant les titres professionnels. « Quel est l’intérêt de remplacer le terme ‘représentant en épargne collective’ par ‘représentant de courtier en épargne collective’ ? Et pourquoi persiste-t-on à nommer ‘conseiller en sécurité financière’ une personne qui vend de l’assurance vie ? Protège-t-on davantage les consommateurs en utilisant des mots abstraits ? Je crois sincèrement que les autorités gaspillent du temps, de l’argent et de l’énergie avec ces affaires-là », tranche Raymond Pratte.

Confondus par la pléthore de titres, les médias grand public préfèrent rassembler tous les intervenants des marchés financiers sous un seul vocable pratique, celui de « conseiller financier », sans apporter les distinctions qui s’imposent. Qui fraude les consommateurs ? Des « conseillers financiers ». Même si, à l’instar d’Earl Jones, il s’agit d’individus qui n’ont jamais été inscrits à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et dont la seule compétence est de savoir détrousser les épargnants. « L’AMF n’a pas su tenir son rôle d’éducateur et son intervention n’a pas été assez rapide ni assez forte afin de rectifier ces propos [des médias]. Malgré nous, nous sommes devenus des ‘conseillers financiers’ qui doivent affronter des consommateurs devenus méfiants », constate Raymond Pratte.

Autre préoccupation : le profil du client
Autre sujet de préoccupation : la notion de convenance du produit et de connaissance du client. Raymond Pratte souligne que les formulaires utilisés pour définir la tolérance au risque du client varient d’un cabinet à l’autre, et qu’un consommateur pourrait présenter des profils différents selon le type de questions qu’on lui pose. « C’est donc sujet à interprétation. Et si jamais un problème se présente, on utilisera le profil du client contre le conseiller. »

Quant à la convenance du produit, là aussi les conseillers se trouvent pris au dépourvu. Raymond Pratte donne l’exemple des fonds communs. Les représentants les recommandent sur la foi des informations dont ils disposent au moment de conclure la transaction. Or, si le gestionnaire d’un fonds décide d’augmenter le niveau de risque de son fonds, les représentants seront-ils liés par ce changement d’objectif ? « Pourrait-on m’accuser de ne pas bien connaître mon produit si celui-ci ne convenait plus ? Notre travail devient beaucoup plus périlleux à cause de la réglementation et de la responsabilité que nous sommes appelés à supporter », dit Raymond Pratte.

Pour se protéger, les conseillers doivent devenir plus exigeants envers leurs clients en leur demandant, par exemple, de signer la politique de placement ou les différentes variables financières de leur dossier. Pour Raymond Pratte, les clients doivent assumer leur part de responsabilité, particulièrement au niveau de la connaissance des produits et de certaines notions. Autrement, il est trop facile de blâmer le travail des conseillers. La firme de consultants MacGold Direct, qui aide les investisseurs mécontents à défendre leurs droits contre les professionnels des services financiers, affirme qu’il existe 156 façons de poursuivre un représentant en justice !

Avec le resserrement de la réglementation, les conseillers s’exposent à des risques accrus au sein d’un système qui s’alourdit de plus en plus. « Le consommateur est devenu roi et je crains que nous soyons devenus une société qui cherche quelqu’un à blâmer pour ses erreurs », déplore Raymond Pratte.

Le président du RICIFQ exhorte donc les conseillers indépendants à faire entendre leur voix et à se regrouper afin de mener des actions concertées. « Si nous n’essayons pas d’influencer les autorités en place, nous aurons à subir les changements », conclut-il.

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