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RICIFQ : priorité, recrutement

21 juin 2011 | Anaïs Chabot | Commenter

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René Auger, président du CA du RICIFQ (photo fournie par René Auger)

René Auger, président du CA du RICIFQ (photo fournie par René Auger)

Entamant cette année sa sixième année d’existence, le Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ) voit son membership croître de façon importante, remarque le nouveau président du conseil d’administration de l’organisme, René Auger. Entre 25 et 30 nouveaux membres sont accueillis chaque mois. « Ça va aller croissant parce que la demande se fait sentir », a affirmé à Conseiller.ca René Auger.

Ces nouveaux membres sont motivés, selon le président du CA. « À peine la fiche d’adhésion complétée, ils nous demandent déjà comment ils peuvent nous aider. Ça fait chaud au cœur et ça apporte un vent de fraîcheur au Regroupement. C’est bien de pouvoir se concentrer sur des choses positives après les scandales des dernières années. »

Pourquoi un tel enthousiasme? « Les gens réalisent que le RICIFQ n’est pas un syndicat, ne se veut pas un syndicat et ne sera jamais un syndicat. C’est plutôt un regroupement de conseillers qui réalisent que la seule façon de bien faire leur travail est de ne pas perdre de vue leur droit de parole quand il se passe quelque chose dans l’industrie », ajoute M. Auger.

René Auger, qui a été élu à la dernière assemblée générale annuelle de l’organisation en mai dernier pour deux ans, est conseiller en sécurité financière et travaille dans l’industrie depuis 30 ans. Il a été bénévole à la Chambre de la sécurité financière pendant près de cinq ans, en plus d’être le président de la Chambre, section Montréal.

M. Auger a présenté fin mai un plan quinquennal qui fait du recrutement de nouveaux membres l’une des priorités absolues du RICIFQ. Parce que, pour se faire entendre des instances décisionnelles, plus un organisme compte de membres, mieux c’est. « Si nous sommes un groupe de dix personnes qui veulent changer la planète de bord, il ne se passera pas grand chose. Par contre, si nous sommes un groupe beaucoup plus important, alors là nous serons pris au sérieux », lance-t-il.

Les agents généraux
Des rencontres ont eu lieu cette année avec les agents généraux, qui souhaitent eux aussi former un regroupement. Les deux groupes se sont aperçus qu’ils partageaient les mêmes préoccupations et les mêmes questionnements. Les agents généraux deviendront-ils membres du RICIFQ? C’est trop tôt encore pour tirer une telle conclusion selon René Auger. Pour l’instant, il s’agit plutôt d’une volonté d’entraide entre les conseillers et les agents généraux. À suivre donc.

Objectif: 10 fois plus de membres
Le RICIFQ souhaite compter 5000 membres d’ici cinq ans. Un objectif ambitieux, puisque le Regroupement compte actuellement environ 500 membres cotisants.

Un comité est chargé uniquement du recrutement de nouveaux membres. C’est d’ailleurs René Auger qui le présidait l’année dernière. C’est Denis Plante qui lui succède cette année. De nombreux bénévoles et délégués lui viennent en aide.

Mais comment attirer 4500 membres en cinq ans? Par la communication et l’action. Selon René Auger, le RICIFQ doit être visible. La communication ne doit plus passer uniquement par la page web de l’organisme. « Il faut être plus présent sur la place publique, dans les bureaux, notamment ceux des agents généraux. » Le président du CA croit également que, par exemple, participer aux formations régionales de la Chambre de la sécurité financière pourrait être une bonne stratégie de recrutement pour le Regroupement.

De plus, le plan quinquennal du RICIFQ prévoit offrir, au cours des prochaines années, des services connexes aux membres cotisants, comme par exemple un service d’aide juridique. L’organisme aimerait aussi servir d’intermédiaire entre la relève et les conseillers qui veulent vendre leur cabinet.

Le RICIFQ aimerait surtout mettre en place un volet social pour les conseillers qui travaillent sans parachute. Ce volet pourrait comprendre un programme d’avantages sociaux destiné aux membres, comme une assurance collective et peut-être même une caisse de retraite. Ce genre de services pourraient également favoriser le recrutement.

Pour René Auger, augmenter le nombre de membres cotisants du RICIFQ est essentiel, parce que plus de membres signifie une plus grande reconnaissance. Et une plus grande reconnaissance fera du RICIFQ « un regroupement incontournable au niveau de la consultation lorsque tous les intervenants du milieu financier seront concernés », déclare-t-il.

D’autres dossiers à suivre
Le RICIFQ continuera de mettre la pression sur l’AMF concernant le dossier des concours de vente en assurance et de la vente sans représentants. « C’est un dossier important. Il faut que nous montrions patte blanche, il faut que l’AMF montre patte blanche, parce qu’elle a mal paru par le passé dans ce dossier. C’est un cercle vicieux : l’AMF doit être propre, les manufacturiers aussi, il faut que les bureaux qui recrutent s’assurent de bien faire leur travail et il faut que le représentant soit toujours à son meilleur. Il n’y a personne qui est libre de faire ce qu’il veut dans ce domaine », explique René Auger.

Le RICIFQ continuera également sa croisade pour l’instauration d’un fonds d’indemnisation élargi. Un comité, composé de Flavio Vani, Léon Lemoine et Me André Blois a été mis sur place. Ces derniers vont suivre le dossier « à chaque centimètre », précise René Auger. « C’est capital de suivre ce dossier, parce que dans le passé, les conseillers s’en sont fait passer une petite vite par le passé, après Norbourg », ajoute-t-il. M. Auger ajoute qu’après Norbourg, les frais du fonds d’indemnisation ont augmenté. Selon lui, les conseillers ont subi une décision politique rapide, sans que personne ne se demande qui on devait réellement viser. « Les conseillers ont eu l’impression de payer pour une vitre brisée qu’ils n’avaient pas brisée. »

Le RICIFQ a déjà rencontré Alain Paquet, le Ministre délégué aux Finances et d’autres rencontres sont prévues. Selon René Auger, M. Paquet est sensible aux demandes du RICIFQ. « Le dossier ne risque pas de rester sur les tablettes, peu importe les actions qui seront entreprises. Nous sommes à l’aube de décisions importantes. »

Pour René Auger, le RICIFQ est entré dans l’âge adulte. Que l’organisme est jeune, bien formé et surtout plein d’énergie. « On a été perçu dans le passé comme une gang de conseillers qui chialaient. Mais cette image a changé. Les gens comprennent qu’on veut seulement bien comprendre les décisions politiques nous concernant, qu’on veut aider, participer et apporter un angle nouveau. »

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